Voici quelques faits divers contemporains (des années 1990 à 2000) significatifs de la répression sexuelle dans notre belle société, et de son corollaire, la peste émotionnelle.
Ils s'aimaient d'amour fou. Lui 16 ans, Elle 14ans. Les ages de Roméo et de Juliette. Trop jeunes ? Leurs familles s'y opposaient. Ils se jettent
sous un train.
(Source : Radio France, années 90)
Une jeune fille très timide. Un garçon fini par la convaincre de venir chez lui prendre le thé. Ils boivent du thé. Il cherche à l'embrasser.
Elle panique. Elle crie. Il panique. Il veut qu'elle arrête de crier : il lance sa main en direction de sa bouche. Geste maladroit : sa main frappe
la trachée de la jeune fille et la brise. A son enterrement ses parents ont déposé sur son
cercueil une belle couronne ornée de ses mots : "Morte plutôt que d'avoir été souillée".
(Source : Radio France, années 90)
Milieu rural modeste. La fille de la maison, mineure, a un petit ami. Ses parents le découvre : violente scène. La fille quitte la maison parentale
et va s'installer chez son ami. En représailles les parents assassinent le chat de la jeune fille. Alors la jeune fille s'introduit nuitamment dans
la maison de ses parents, elle décroche le fusil de chasse de son père, s'introduit dans la chambre à coucher et abat son père et sa mère à bout
portant. La société l'a condamnée à finir sa jeunesse en prison.
(Source : Radio France, années 90)
A noter : ce scénario est très proche de celui d'une des trois histoires de sexe et de mort mises en scène par Walerian Borowczyk dans son film Les héroïnes du mal (1979). Un film prémonitoire, c'est à dire qui a su capter l'air du temps...
À RIBEAUVILLÉ (Haut-Rhin), les amoureux qui se bécotent au lycée sont renvoyés. Céline et Sébastien, élèves en terminale, ont été temporairement exclus, lundi 18 décembre, de leur établissement scolaire pour “
mauvais comportement ”. Leur faute ? Avoir été surpris, à plusieurs reprises, en train de s´enlacer ou de s´embrasser. Un couple toujours “
scotché ”, affirme l´administration du lycée. “ Profondément choqué ” par cette décision, le père de Sébastien, enseignant à la retraite, a pris son téléphone pour alerter la presse sur “
ces principes obsolètes ”, et sa plume pour adresser une “ supplique à Jack Lang ”. “
Est-ce le baiser de ces enfants qui est choquant ou le regard que jettent sur lui certains adultes ?
”, écrit-il au ministre de l´éducation nationale. Comment peut-on, s´interroge-t-il, “
à l´heure où l´on donne à des établissements scolaires les noms de Prévert ou de Brassens et où l´accès à la pilule du lendemain vient d´être garanti ”, prendre de telles sanctions ?
Au lycée de Ribeauvillé, il est une règle, non écrite, selon laquelle les élèves ne doivent ni se tenir par la main ou par la taille, ni s´embrasser. La première fois que Céline et Sébastien ont été vus, c´était dehors, aux alentours de la cantine. Ils étaient l´un contre l´autre. Convoqué dans le bureau de la proviseur, Sébastien a reçu un “
avertissement solennel ”. Puis ce fut sur un chemin, aux abords du lycée. Le conseiller principal d´éducation les a surpris main dans la main. Les amoureux ont alors été “
réprimandés ”. “ Depuis l´avertissement solennel, on ne se touchait plus dans l´enceinte du lycée
”, assure Céline. Mais, apparemment, ils étaient suivis…
Élèves dans la même classe, les deux lycéens, âgés de dix-sept ans, prennent le car, il y a quelques jours, avec leur classe, pour une sortie scolaire.
Assis au fond du bus, Céline et Sébastien s´embrassent. La proviseur les surprend. Pour elle, trop c´est trop : les deux jeunes gens seront exclus pour une journée. “
Dans le car, on ne pensait pas être vus et on ne croyait pas que c´était interdit
”, raconte simplement Céline. Au “ mauvais comportement ”, le courrier annonçant à Sébastien la sanction ajoute un autre grief : “
Manque de respect envers une jeune fille du lycée ”. Céline ne comprend pas : “
Pourquoi dire que c´est le garçon qui entraîne ? J´étais d´accord ! ”
La proviseur du lycée explique : “ Vous savez, on est chahuté dans les établissements. Il faut marquer des limites. J´ai pris mes responsabilités. Les élèves concernés ont été largement et longuement prévenus. Ils ont remis clairement en cause mon autorité. ” Bons élèves sans histoires, Céline et Sébastien se fréquentent depuis un an. Lundi 18 décembre, jour de leur exclusion, ils ont pu s´enlacer à loisir.
Le père de Sébastien, lui-même ancien professeur de lettres au lycée de Ribeauvillé – et qui ne s´entendait pas avec sa direction – ne décolère pas : “
Si, en Alsace, les cigognes n´apportent plus les bébés dans les berceaux, des oiseaux de mauvais augure obscurcissent le ciel
”, écrit-il dans sa supplique à Jack Lang. “ Vous aimez les fêtes, monsieur le ministre. Organisez, s´il vous plaît, une journée du baiser dans les lycées,
conclut-il. Elle connaîtra un immense succès : des milliers de participants répètent déjà. ”
Sandrine Blanchard
© Le Monde daté du jeudi 21 décembre 2000 (passages en gras soulignés
par nous)
Aux Etats-Unis, les lois sur le toucher visent aussi bien les écoliers que les enseignants. Des comportements jusqu'ici considérés comme de simples
« taquineries » sont désormais requalifiés comme harcèlement sexuel.
Et, bien que la loi n'exige pas des écoles qu'elles dispensent un
enseignement sur le harcèlement sexuel, des enfants de six ans peuvent en être légalement accusés. En septembre 1996, Jonathan P.,
six ans, élève de la Southwest Elementary de Lexington, en Caroline du Nord, fut accusé de harcèlement sexuel par un membre du personnel
de l'école et exclu de l'établissement pour une journée. Le « harcèlement sexuel » de Jonathan avait consisté à poser un baiser sur la joue
d'une de ses condisciples.
(Source : Les bienfaits du toucher, Tiffany Field, Payot, 2003, page 18)
Kennedy et Dean décrivent ainsi un incident survenu dans une maison de retraite,
où deux pensionnaires étaient absents à l'heure du dîner, qui est une illustration
spectaculaire du problème du toucher chez les gens âgés : « L'alerte fut rapidement
donnée dans toute la maison, et les recherches commencèrent. Les lits et les
chambres étaient vides, ainsi que le patio. Une infirmière, qui était allée
s'assurer qu'il ne manquait aucun médicament dans l'armoire à pharmacie, se
mit à hurler en ouvrant la porte. Elle avait trouvé l'homme et la femme qui
se tenaient embrassés en silence. Elle alerta aussitôt la sécurité. Les deux
"délinquants sexuels" furent séparés et escortés dans leurs chambres respectives.
On appela les familles, on tint des conférences, on consulta les médecins. On
s'accorda à dire que les deux coupables ne devaient plus se voir ni être
autorisé aucun contact. Humiliés et confus, effrayés et culpabilisés,
les deux délinquants en vinrent bientôt à se tenir totalement en retrait de
leurs amis et de leur famille. Quelques semaines après leur crime, ils moururent
tous les deux. »
(Source : Les bienfaits du toucher, Tiffany Field, Payot, 2003, page 49)
Un homme jardinant en string fut condamné à une amende de 1500
FRF pour exhibitionnisme. Il avait été dénoncé (photo
à l'appui) par une voisine. Pour pouvoir le voir, la voisine avait du
escalader son double WC et prendre la photo par un petit vasistas, seul point
de vue d'où l'homme était visible. Bien que le tribunal avait
reconnu le fait que la voisine était un peu dérangée (nous
dirions plus précisément en proie à la peste émotionnelle)
et l'avais déboutée de sa plainte, l'homme fut quand même
condamné.
Moralité : on ne peut se mettre à l'aise chez soi que derrière
des volets bien fermés. Et on prétend que nous vivons dans un
pays libre ?
(Source : Radio France, années 90)
Si vous en connaissez d'autres n'hésitez pas à nous les faire parvenir en mentionnant la source aussi précisément que possible.
Moins sanglant mais tout aussi significatif : l'Educastrons Nationale complice des pédophiles ?