Recueil d'extraits d'ouvrages traitant de la naissance et du maternage.
Observation de Margaret Mead in Mœurs et sexualité en Océanie, 1935
(édition Plon, 1963. p.66-68 et 71-72) sur les indigènes Arapesh de la Nouvelle-Guinée :
Voir aussi un aperçu de la vie sexuelles des sauvages, de Bronislaw Malinowski.
(extrait d'un article de Jean-François Gervet, paru dans la revue Sexpol n°17 : "Chez les AA")
« Je crois que je n'avais jamais vu des gosses aussi rayonnants, capables à ce point de regarder les adultes d'égal à égal, sans soumission, sans « s'il te plaît », capables à la fois de jouer avec qui se présente et de ne pas avoir après l'attitude « collante » des gosses toujours en manque d'amour et d'affection.Extrait de Nudité et pudeur : le mythe du processus de civilisation, de Hans Peter Duerr, Ed. maison des sciences de l'homme, Paris, 1999, chap12 : La sexualité des petits enfants, page 183.
« II semble pourtant qu'il en aille quelque peu différemment avec les
jeux, largement répandus dans les sociétés traditionnelles, auxquels les adultes
et les aînés des frères et sœurs se livrent avec le sexe des nourrissons et
des tout petits, jeux qui sont constamment appelés à la rescousse de la thèse
selon laquelle, dans ces sociétés, les « charmants bambins » ne sont pas regardés
comme des êtres sexués.
Il est certes exact que, de tout temps et un peu partout dans le monde, cela
a été une façon de calmer les petits enfants ou tout simplement de leur procurer
du plaisir. Que l'on pense seulement aux Bochimans !Ko qui, pour amuser les
tout petits. leur bécotent le sexe, le suçotent ou le mordillent tendrement,
ou aux Nya Hön du sud du Laos qui pincent le pénis des petits garçons pour les
taquiner. De la même façon, on a observé que les mères babouins prenaient souvent
le pénis de leurs petits entre leurs lèvres, provoquant aussitôt son raidissement.
Cependant, deux choses nous frappent.
D'abord, dans la plupart de ces sociétés, on stimule exclusivement les petits
garçons, pas les petites filles.
Ainsi, par exemple, chez les Cayapâ, est-il fréquent que les parents ou les
grands frères et sœurs portent les petits garçons au-dessus de leur tête et
prennent leur pénis entre leurs lèvres ; jamais rien de tel n'est fait avec
les petites filles.
Que l'on soit parfaitement conscient que ce faisant on stimule sexuellement
les enfants et qu'on veuille donc laisser la sexualité des petites filles «
au repos », c'est ce qui ressort des quelques rares cas où il en va autrement.
Chez les Fon du Dahomey, la mère, lorsqu'elle donne son bain quotidien à sa
fille, lui masse tendrement le clitoris, laisse courir un léger filet d'eau
sur sa vulve pendant une dizaine de minutes, tire sur les lèvres et lui caresse
l'anus. Ce procédé, qu'elle répète jusqu'à ce que la fillette atteigne l'âge
de quatre ans, a pour objectif d'empêcher que, plus tard, l'enfant ne connaisse
pas le plaisir, qu'elle devienne donc frigide et n'ait pas d'enfants.»
Voir aussi l'article "nouveau-nés"
de Roger Dadoun dans Cent fleurs pour Wilhelm Reich.
Autres références essentielles : Bien naître de Michel Odent, Pour
une naissance sans violence de Frederick Leboyer.
Une façon beaucoup moins sympatique de toucher les enfants : les chatiment corporels : lire deux extraits de La peau et le toucher de Ashley Montagu.