Projets de textes pour notre site

Nous présentons ici quelques thèmes que nous envisageons de traiter ou de développer dans les mois à venir. Les textes ne sont pas finalisés et les références ne sont pas données. Lorsqu'il est complété le texte est enlevé de cette page et devient accessible via le plan du site où les nouvelles pages sont signalées par un pictogramme.


Thématique enfance : sexualité et éducation

L'éducation

Il n'y a pas d'humanité sans éducation.
Mais l'éducation telle qu'elle se pratique actuellement vise à empêcher l'homme de se construire de manière autonome. En effet si tel était le cas il n'accepterait jamais de vivre soumis à un système injuste. C'est une éducation répressive.
Les justifications données pour cette éducation sont la socialisation et le fait que sans cette éducation l'homme serait un barbare : il se conduirait sauvagement envers ses congénères. Ce pré-supposé est en fait idéologique : il voit l'homme comme naturellement individualiste. C'est là une erreur fondamentale : l'homme, comme tous les primates, est un animal social. (Cf. par ex. Kropotkine, la morale anarchiste)

Sur l'école :

-" S'il convient à l'Etat de rétribuer les professeurs ce n'est pas pour créer ni répandre des vérités scientifiques ; ce n'est pas pour cela qu'il s'occupe de l'éducation : il s'en occupe pour y maintenir une certaine morale d'Etat. " (Jules FERRY, le 26 juin 1879, à la chambre des députés.)

-La notation du comportement vient d'entrer en vigueur ("note de vie scolaire", entrée en vigueur rentrée 2006 pour les collèges) : l'école est plus que jamais une institution de dressage cherchant à produire des enfants "sages" et bien obéissants, à former une population qui se tiendra tranquille. Avec même une sorte de permi à point !
-La notation (pas l'évaluation du travail) introduit une dissymétrie, une relation de pouvoir dans la relation de transmission du savoir. Celle-ci est en donc viciée.
-L'enseignement ne doit pas être subordonné aux besoins des patrons.
-Humiliation : il a encore aujourd'hui des enseignants qui interdisent aux enfants de sortir faire pipi pendant la classe.
-L'obligation de "bonnes moeurs" : le contrôle de la sexualité des enseignants
-En IUFM les enseignants ne reçoivent quasiment aucune formation en psychologie !

-L'effet Pygmalion à l'école
Il s'agit d'un effet bien étudié en psychologie : les gens (particulièrement les enfants) ont tendances à se conformer aux attentes que les autres ont d'eux-même.
Ainsi un enseignant - imbibé inconsciemment par le préjugé que les filles sont moins bonnes dans les matières scientifiques que les garçons (notamment en math) - va se comporter d'une façon différente avec les filles et les garçons (ex: poser aux filles des questions moins difficiles). Ceci aura pour résultante que les filles deviendront moins bonnes en math que les garçons !

-L'effet d'étiquetage
Lorsque l'on indique à une personne qu'elle est "bonne" ou "mauvaise" dans une certaine tâche, cela affecte ses résultats futurs. La personne étiquetée comme "mauvaise" aura des résultats moins bons que les autres. Cet effet joue à la fois à un niveau individuel et à un niveau collectif (ex: "les filles sont moins douées pour les maths que les garçons").

-Certaines méthodes "pédagogiques" assimilent obéissance et conformisme.
C'est le cas lorsque pour mieux se faire obéir l'enseignant, ou le parent, appui son injonction sur la référence à la pratique : "tu vois bien que personne ne le fais".
Il y a alors construction d'une équivalence entre être déviant (refuser une norme) et être désobéissant (refuser un ordre). Or celui qui désobéi est par définition punissable. L'assimilation rend la punition légitime pour le déviant, elle légitime le lynchage. Ainsi l'angoisse que tout un chacun éprouve devant le fait de transgresser une norme pourrait-elle provenir d'une activation de la peur de la punition.
-L'école encourage l'obéissance aveugle et le conformisme alors qu'elle devrait former des citoyens, c'est à dire faire le contraire : apprendre à désobéir à des ordres criminels ou irrationnels ou émanant d'une autorité illégitime.

"L'angoisse de transgresser les limites fixées par l'autorité est un des piliers idéologiques les plus solides de la société bourgeoise. Aussi toute l'éducation est-elle centrée sur le respect de l'autorité : autorité du petit chef, du patron, de l'État, du père, du tabou, etc. Toute la société est ainsi basée sur la démission de la liberté réelle, sur l'abandon de l'autonomie, et la structure sociale est dominée par la catégorie centrale de l'autorité."
Jean-Marie Brohm, in l'introduction à "La lutte sexuelle des jeunes" de Wilhelm Reich

-Éducation sexuelle, un texte édifiant sur les visées du législateur : satisfaire la curiosité du jeune pour retarder le passage à l'acte.
La prétendue "période de latence" correspond précisément à l'école primaire (cf. les expériences de Jules Celma). L'école institution réprimant la sexualité pour mieux soumettre les enfants à l'ordre social. La répression de la curiosité sexuelle, de la masturbation inhibent toute pensée critique (Freud).
-lien vers la circulaire rendant obligatoire l'éducation sexuelle à l'école. Dans les faits elle est très peu appliquée, et pire encore : l'éducastrons nationale a agréé pour ce faire l'association traditionaliste Familles de France voir : mainmise sur l'enfance.
-l'éducation sexuelle se fait en réalité par la pornographie (aliénation du désir)
-la fonction idéologique de l'hystérie anti-pédophile : une censure indirecte du discours d'éducation sexuelle.

-Un extrait de "From Summerhill" de A.S. Neill.

Voir aussi les F.A.Q. : N'y a-t-il pas déjà de l'éducation sexuelle à l'école ? et En quoi notre éducation scolaire peut-elle avoir un effet négatif ?

- FAQ : en quoi la fréquentation de l'école peut-elle avoir un effet négatif ?

Indépendamment des effets de la pédagogie (cf. § précédent) et de la répression de la sexualité, le simple fait, pour un enfant, de fréquenter l'école, c'est à dire d'y cotoyer d'autres enfants peut avoir un effet aliénant. Ce n'est pas le processus de socialisation qui est en cause, mais le fait de se socialiser par la fréquentation d'enfants déjà aliénés.

L'enfant imite naturellement ceux qui l'entourent, à tendance à prendre leurs jugements comme référence et aura naturellement envie de posséder les objets que possèdent les autres.
Ainsi, même si au sein de sa famille l'enfant est relativement préservé de la sous-culture abrutissant les masses, dès qu'il est plongé dans le bain de l'école son vocabulaire change pour adopter le langage dévoyé caractéristique de l'idéologie individualiste libérale qui vide les mots de leur sens ou les détourne, empéchant le développement d'une pensée critique solidement étayée (lien) (ex : "c'est trop bien" ; "mega", "cool", "fun" ; "génial" employé à tout boût de champ). La Star'ac® et autres émissions abrutissantes de télévision deviennent ses références "culturelles", plus tard ce sera le foot pour les garçons. L'enfant réclame le jeu vidéo qu'ont ses camarades, les objets-marques deviennent des valeurs (Dora® pour les plus petits, Diddle® ou Barbie® ensuite, et bien sur les marques ostensible de vêtements et chaussures). En matière de nourriture le steak haché avec frites devient le plat valorisé par excellence, ainsi que la fréquentation du McDo®. En matière de comportement, la compétition et la loi du plus fort s'impose rapidement et la réussite scolaire est dévalorisée (sauf chez les classes dominantes). Concernant l'intériorisation du sexisme voir plus bas sur cette page "Patriarcat et répression sexuelle : vue de la cour de récréation".
Seuls les enfants des classes dominantes fréquentant des écoles privées élitistes peuvent échapper plus ou moins à ces références mais leur socialisation entre dominants ne vaut guère mieux car elle est faite pour leur inculquer les réflexes de classe et le mépris du peuple.
Bref il n'est guère possible dès lors que la socialisation de l'enfant passe par l'école qu'il échappe à l'emprise du marketing.

Comment préserver et armer l'enfant contre l'aliénation scolaire ?

1. La déscolarisation.
Peu de gens le savent, il est possible, en France, sous certaines conditions, de ne pas inscrire son enfant à l'école. La famille doit alors prendre en charge son éducation (après une enquête sociale), et ne peut guère partager cette tâche avec d'autres familles (il est interdit d'enseigner à plus qu'aux enfants de deux familles (une "école de fait") : l'état - et les établissements privés qu'il agréé - se réserve le monopole de l'éducation collective). L'assimilation par l'enfant du programme officiel est contrôlé chaque année.
Le problème est alors que l'enfant puisse se socialiser néanmoins au contact d'autres enfants non aliénés. Ce qui est difficile à réaliser. Le cas d'une communauté suffisament étendue pour compter nombre d'enfants n'est quasiment plus envisageable à l'heure actuelle.

2. Les écoles alternatives

Elles sont rares, pas toujours financièrement abordables et pas toujours à l'abri de la sous-culture et de la répression de la sexualité. On peut néanmoins en trouver mais cela nécessitera le plus souvent une mobilité de la famille. Voir sur notre page de liens.

3. Pour la grande majorité des parents l'école publique reste la seule possibilité.

C'est pourquoi on ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur l'institution scolaire et ce qu'elle transmet, dans les classes comme dans la cour de récréation et à la cantine. En particulier une éducation à la publicité et à ses modes d'actions devrait être faite dès les plus petites classes.
(lien association Résistance à l'agression publicitaire www.antipub.net - campagnes contre la pub à l'école,...)

A l'échelle individuelle, la meilleure contre-mesure reste l'éveil de l'enfant à une culture véritable, l'habituation à une nourriture de bonne qualité, à des vêtements confortables. Sans pour autant trop le fruster d'accès aux objets convoités, mais en lui expliquant (en s'adaptant à son age) l'origine de son désir et les enjeux sociaux, politiques, environnementaux, économiques, etc. attachés à ces comportements et à ces objets. Par cet éveil précoce l'enfant saura de lui-même rejetter les nourritures malsaines, les vêtements aux coupes et matières inconfortables, les programmes télévisés abrutissants.
Toutefois face à certains objets créateurs d'addictions (ex: télévision, jeux vidéos, chat sur Internet) l'autorité parentale - légitime uniquement si elle tend à l'émancipation de l'enfant - doit veiller à préserver l'enfant.

*Les publications destinées à la jeunesse et la censure

Nul n'est censé ignorer la loi. Intéressons-nous donc à ce que le législateur a prévu pour "protéger" nos chères têtes blondes (drôle d'expression n'est-ce pas ?) dans la loi de 1949 concernant les publications destinées à la jeunesse. L'article 2 liste les vices dont il est interdit de faire l'apologie dans de tels ouvrages. Outre qu'il s'agit de vices fort répandus dans les classes dirigeantes (banditisme, vol, mensonge...) on y trouve aussi l'un des sept péchés capitaux : la paresse. Et oui, il s'agit bien d'inculquer la "valeur travail" à nos enfants. 
Par ailleurs il y est question d'un concept fort flou : la "démoralisation de la jeunesse". On ne sais s'il s'agit de la rendre immorale ou de lui peindre un futur peu porteur d'espoir. Pour ce dernier aspect les politiques occidentales y ont déjà réussi depuis fort longtemps : "There's no future" chantaient déjà  les Sex Pistols en 1976.

Par ailleurs l'article 14 permet d'interdire de diffusion, de visibilité et de publicité (autant dire d'interdire tout court) toute  publication à caractère pornographique. Cet article semble jouir des faveurs des censeurs politiques puisque il est actuellement (2007) invoqué dans une procédure visant la revue Gay Illico, revue engagée politiquement et qui a fait ouvertement campagne contre le candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle de 2007. Voir sur le site de la revue.
Cette affaire n'est pas sans rappeler la tentative d'interdiction de la revue de sexologie politique Sexpol à la fin des années 70.

Enfance humiliée

Comment l'école et les parents s'adressent à l'enfant.
(d'après les films de Jean-Michel Carré)

Ce que l'on subit de pire dans l'enfance - en dehors de la répression de la sexualité, des émotions et des sensations - c'est certainement l'humiliation. Celle-ci passe par la culpabilité et la honte intériorisées.

Un exemple clé : les instituteurs (dans leur grande majorité) empèchent l'enfant de sortir pendant la classe alors qu'il a envie de pisser, l'obligeant se retenir au delà du raisonnable (ce qui en plus est nuisible pour la santé). A l'extrème l'enfant qui ne peut se retenir sera ainsi forcé de pisser ou de déféquer dans sa culotte : l'humiliation suprême.

Recueil de témoignages : envoyez nous vos pires souvenirs d'enfance, ou ceux de vos enfants.

Poupées castrées

Un traumatisme pour nos enfants. Occultation du sexe, angoisse de castration...

Dans les années 80 on trouvait encore des poupons ayant un "zizi", puis ils disparurent de la circulation. Grâce à Michel Ocelot, le zizi fait timidement son retour (en France) :

Poupon Kirikou, chez Lansay (2007).
Par contre nous n'avons jamais vu un poupon fille avec une vulve ! En verrons nous jamais un ? Si vous avez vu des poupées sexuées merci de nous envoyer des références (et photo si possible).

Sexualité infantile

(lien à faire depuis hystérie)

-Bien différente de celle de l'adulte. Elle commence avec l'acte de la tétée... Sa spécificité : elle n'investi que tardivement (et pas exclusivement) la zone génitale. C'est pourquoi on a pu parler pour la définir de "pervers polymorphe".
Il faut bien faire la distinction entre amour physique et sexualité adulte. A partir du moment où l'on rejette le dualisme (séparation corps/esprit), tout amour est nécessairement physique, il inclu en particulier les dimensions olfactives (sentir) et tactiles (toucher).
Voir aussi textes sur le toucher et l'allaitement. (plus bas dans cette page).

-Qui veut la peau de la psychanalyse ? Ceux qui n'ont jamais accepté le fait que les enfants ont une sexualité.
Le mythe de l'"innocence" des enfants. Nier la sexualité infantile permet à certains parents de tripoter leurs enfants en toute bonne conscience. L'exemple de la fessée : une punition à composante érotique (dénoncée par Alice Miller dans C'est pour ton bien).

-La répression de la sexualité infantile est l'un des facteurs essentiel de développement des pathologies mentales (névrose, peste émotionnelle...). Réf : Freud et Reich. Le seul espoir d'un véritable changement social radical vers une société respectueuse de la vie repose sur la levée de cette répression.

Les enfants bien élevés font les meilleurs bourreaux

L'expérience de Milgram (1974, deux tiers des gens (hommes ou femmes) torturent une personne jusqu'à la mort si une autorité - le scientifique - leur en donne l'ordre) et ses interprétations : l'état agentique (Milgram), le script d'obéissance (Beauvois).

La police des familles

Comment les institutions contrôlent les familles et la façon dont elles éduquent leurs enfants.

Patriarcat et répression sexuelle : vue de la cour de récréation

(lien à faire depuis vocabulaire, depuis féminisme)

On peut démontrer que, à travail égal, les salaires des femmes sont moins élevés que ceux des hommes (ou que les femmes ont des emplois moins qualifiés ou moins élevés dans la hiérarchie que les hommes). Cependant cela ne permet pas d'aller bien loin dans l'analyse de la domination patriarcale.

C'est en observant les comportements des enfants que l'idéologie patriarcale apparaît le plus clairement.

Voici ce que l'on peut observer parmi les comportements sexués (différenciés selon le genre) chez les enfants (il s'agit de moyennes) :

  • très tôt (3-4 ans) les garçons refusent de jouer avec les jouets des filles, surtout si ils sont en présence d'autres enfants. Chez les filles le rejet des jouets pour garçons est observé précocement (2 ans), tandis qu'à cet âge, même s'ils préfèrent les jouets pour garçons, les garçons jouent encore avec des jouets pour filles.
    Il semble donc que dès 2 ans les enfants ont acquis un schéma de genre (conscience de la différence des genres et conscience de leur appartenance à l'un ou à l'autre), peuvent reconnaître les objets culturellement associés aux genres et s'y conforment. Ces comportements sont acquis du fait des interactions avec les parents et les éducateurs. La plus grande précocité des filles peut s'expliquer par une acquisition plus rapide du schéma de genre ou du conformisme. Quoi qu'il en soit cela paraît témoigner d'une éducation qui laisse plus de liberté aux petits garçons qu'aux petites filles.
    Réf articles : Le Maner, G., "Choix d'objets et interactions entre pairs : comportements révélateurs d'un schéma de genre à 24 mois ?", enfance n°4/1995, p.417-434. Le Maner-Idrissi G., "Adhésion aux rôles sexués à 24 mois", RIPS n°2/2001, p57-74.
  • Les jouets pour garçon sont rapidement des jouets technologiques (guerre, voitures, techno-monstres...). Faire un tour au rayon jouet d'une grande surface est édifiant. (Aucun risque de se tromper, les jouets pour garçon sont dans des emballages bleus, ceux pour filles dans des roses !). Lien vers campagne contre les jouets sexistes http://www.ducotedesfilles.org
  • Les filles recherchent la compagnie des garçons tandis que ces derniers fuient les filles. Une fille ne peut être acceptée dans le cercle des garçons que si elle se met à leur ressembler (tenue vestimentaire, comportement agressif...), une telle acceptation est très valorisante pour la fille.
  • Hormis des cas d'isolement, les relations qui peuvent se développer entre un garçon et une fille relèvent quasi-exclusivement du mode sexuel (exhibition, attouchements).
  • Rien n'est plus insultant pour un garçon que d'être traité de fille, de femmelette, de gonzesse(1). Pour une fille être désignée comme "garçon manqué" n'est pas autant dévalorisant.

Il apparaît donc que chez les garçons l'objet du désir (la fille) devient rapidement un objet de mépris. Ce n'est pas seulement la différenciation des genres qui est précocement intégrée par les enfants mais aussi leur hiérarchie. Lorsque cela n'est pas réalisé au sein de la famille, la cour de récré - mais aussi les préjugés sexistes inconscients des éducateurs - se charge de réparer cet "oubli". Merci l'école !

Remarquons aussi que les manifestations de la répression sexuelle sont facilement identifiées comme telles en ce qui concerne les femmes : on les désigne sous les vocables de "mal baisée" ou "hystérique". Tandis que chez les hommes, ces manifestations (agressivité, vulgarité...) apparaissent comme des comportements normaux pour un homme.

Remarques :

Les recherches sur le genre qui s'intéressent aux enfants étudient la reproduction des rôles sexués en montrant leur acquisition précoce chez les enfants. Elle peuvent de surcroît mettre cette acquisition en rapport avec le patriarcat. Mais elle ne vont généralement pas jusqu'à mettre cela en rapport avec la répression de la sexualité.

Les ouvrages de psychologie de gare sur les différences hommes femmes ne manquent pas. Un exemple : Les femmes viennent de Vénus, les hommes de Mars. Les ouvrages de ce type développent une conception naturalisant la différence des genres. C'est à dire qu'ils font passer pour naturel (génétique, hormonal) ce qui relève du système de société contemporain. Non seulement ce type d'ouvrage n'a aucune validité scientifique mais en plus il joue un rôle dans la justification et la reproduction de l'idéologie dominante patriarcale.

(1) C'est l'insulte favorite utilisée à l'encontre des jeunes recrues par les instructeurs des armées. A l'inverse on utilise volontiers l'expression "avoir des couilles" pour désigner une qualité (courage, audace, détermination...). Voir aussi le vocabulaire du patriarcat et de la répression sexuelle.

Mutilations sexuelles modernes

Pas besoin d'invoquer les coutumes barbares et ancestrales de certaines populations, l'excision a aussi existé en Europe et ce il n'a pas si longtemps. L'ablation du clitoris a été pratiqué chez nous par des médecins, au nom de la science, sur des petites filles jusque dans les années 1960.
Ex : le témoignage d'une anglaise ayant été excisée (réf. film ?)
L'excision était pratiquée soit lorsque la petite fille avait un clitoris jugé trop gros (au regard des normes) soit lorqu'elle se touchait trop (au regard des normes). Pour comprendre cela il faut se rappeler que la sexualité féminine à été longtemps considérée comme inexistante ou asociale. Le désir féminin et le plaisir sexuel féminins était totalement niés dans l'idéologie bourgeoise avant 1968 et les mouvements de libération de la femme (réf. S. de Beauvoir - Le deuxième sexe).

sur la symbolique et les objectifs de l'excision : réf : que-sais-je sur la circoncision / les mutilations sexuelles + W.Reich dans l'irruption de la morale sexuelle.

La circoncision (autre forme de castration restant cette fois dans le domaine symbolique) est pratiquée depuis des millénaires par les religions anti-sexuelles. Toutefois elle se pratique aussi pour des pseudo raisons d'hygiène, et ce de plus en plus : cette pratique est en train de se généraliser aux Etats-Unis. (cf. le texte du Dr Zwang). Faut-il mettre cela en rapport avec la progression des groupes fondamentalistes chrétiens (églises évangéliques puritaines) ?

On retrouve ce pseudo-argument de l'hygiène dans la pratique de l'épilation dont nous avons montré (lien) qu'elle constitue aussi une forme de domestication de la sexualité.

 

Thématique idéologie dominante et alternatives :

Le vocabulaire de l'idéologie dominante, la LQR (d'après Eric Hazan et LTI de Victor Klemperer)

(lien depuis l'esprit de 68, néo-fascisme)

LQR = Linguae Quintae Respublicae (la langue de la cinquième république)
LTI = Linguae Tertii Imperii (la langue du troisième reich)

Comment et pourquoi "patron" devient "entrepreneur" ; "ouvrier" devient "opérateur" ; "pauvre" devient "modeste" ; "clochard" devient "SDF" ; "sous-prolétariat" devient "exclu" ; "classe sociale" devient "catégorie sociale" ; "charité" devient "humanitaire" ; "colonisation" devient "développement" ; "pensée unique" change de sens ; etc.

Véritable Novlangue, la LQR sert à masquer la réalité par son contraire. Elle est une conséquence (une extension) de l'action politique des gouvernants qui depuis bien longtemps font le contraire de ce qu'ils disent.
La Novlangue se construit soit - rarement - en créant de nouveaux mots, soit en changeant la connotation (valeur positive ou négative) de certains mots, soit en en changeant le sens. La Novlangue est le plus souvent construite par les dominants (hommes politiques, grands patrons...) et elle se diffuse en étant relayée et appropriée par les médias.

Exemples :

Le mot "respect" est très à la mode. Il a d'abord été utilisé pour lutter contre la discrimination et le sexisme. Puis son sens à été perverti de façon à légitimer l'autorité et l'intolérance. En effet le manque de respect est maintenant attribué à toute personne qui ne se conforme pas aux normes et à la pensée dominante. Le déviant ou l'opposant devient donc - puisqu'il manque de respect - sanctionnable.

Exemple d'une affichette de la RATP posée dans le métro parisien (mai 2007), qui s'adresse aux jeunes. Cette affichette à été "conçue" par des élèves d'une classe de 6ème au cours d'un atelier animé dans un collège par des agents de la RATP. Elle comporte deux colonnes : "respect" et "devoirs".
Dans la colonne "respect" on trouve : une série d'interdictions.
Dans la colonne "devoirs" on trouve : une série d'obligations et d'interdictions.

Ceci est tout à fait représentatif de l'idéologie libérale. Auparavant l'autoritarisme s'affichait comme tel ; dans les "démocraties libérales", l'autoritarisme s'avance masqué derrière des valeurs humanistes. Auparavant les esclaves savaient qu'ils étaient des esclaves ; aujourd'hui ils se croient libres. (Cf. aussi les illusions libérales / Beauvois).

Le mot "humanitaire" accompagne quasi-systématiquement les interventions militaires, depuis que la guerre a été déclaré hors-la-loi (pacte Briand-Kellog, 1928). En premier lieu par les Japonais envahissant la Mandchourie, Mussolini attaquant l'Ethiopie et Hitler justifiant l'invasion des Sudètes, et ainsi de suite jusqu'à nos jours.

Le mot "citoyen" vidé de son sens politique premier de gestionnaire de la cité (ce qui suppose une organisation politique réellement démocratique) se met à désigner des gestes élémentaires comme économiser l'eau ou jeter ses déchets dans une poubelle.

Exemple déjà ancien : "anarchie" prenant le sens de "chaos".

Les mots ringardisés : parler de "capitalisme" ou de "lutte des classes" décrédibilise le locuteur car "tout ça c'est dépassé" et le fait passer pour un idéologue (il faut dire que sur cet aspect les marxistes vulgaires ont beaucoup fait pour décrédibiliser le vocabulaire scientifique marxiste).

L'idée de "classes" (et a fortiori de lutte des classes) est évacuée du discours pour donner l'illusion d'un consensus et masquer les antagonismes, jusqu'à les faire disparaître de la pensée commune. Or s'il est encore une classe ou la différence de classe est affective et assumée comme telle c'est précisément chez les grands bourgeois. Par contre dans le peuple, la disparition de la référence identitaire à la classe des prolétaires à pour double conséquence, d'une part de délier les liens de solidarité horizontaux et d'autre part de ne laisser comme seules références celles de la bourgeoisie. Ainsi il s'agira de "réussir" (c.à.d. imiter le modèle bourgeois) par des stratégies individualistes (être plus fort que le voisin, quitte à l'enfoncer). Finalement l'idéologie dominante réussi à atomiser les individus de la masse, ce qui permet de mieux les soumettre voire de s'en faire des alliés conscients ou non.

Voir aussi le vocabulaire du patriarcat et de la répression sexuelle.

Une relecture de l'histoire et de la préhistoire : et si les hommes des temps préhistoriques étaient plus heureux et plus "intelligents" que nous ?

(lien depuis révisionnisme)

On nous a longtemps présenté "l'homme préhistorique" comme un être frustre et arrièré (comme d'ailleurs les "sauvages" contemporains). Et la "civilisation" comme commençant à partir de l'invention de l'agriculture (début de la période néolithique). L'histoire telle que nous la présente l'idéologie contemporaine (la pensée commune, qui s'enseigne dans les écoles) est pour l'essentiel assimilée à l'évolution des techniques (les "grandes inventions", les "grandes découvertes"). Les "âges" de l'humanité sont d'ailleurs décrits en référence à la technologie : "âge de pierre", "révolution agraire", "âge du fer", "âge du bronze", "révolution industrielle", "révolution informatique"...

L'espèce humaine actuelle (homo sapiens sapiens) est apparue il y a environ 100 000 ans. Les plus anciens témoignages d'une intense activité symbolique (l'art pariétal : les gravures et peintures rupestres) que l'on a jusqu'à présent retrouvés remontent à 35 000 ans environ.
Les recherches archéologiques sur ces vestiges du paléolithique supérieur ont progressivement ébranlés les préjugés et stéréotypes qui décrivent "l'homme des cavernes" comme un être arrièré et sans culture. En réalité ces hommes, membres de sociétés de chasseurs-cueilleurs, avaient une riche culture symbolique et une spiritualité probablement de type chamanique. L'établissement de ces stéréotypes (au XIXème et XXème siècles) a une fonction idéologique de valorisation du système capitaliste : cf. notre page consacrée au révisionnisme historique.

Un point important à noter est que leur culture semble avoir peu évoluée pendant plusieurs dizaines de milliers d'années. De nombreux sites (abris, grottes, vallées...) témoignent du fait que des gravures de style proche y ont été ajoutés à des milliers d'années d'intervalles. Cette faible évolution rend d'autant plus plausible le fait que leur culture se soit maintenue dans certaines zones géographiques sous une forme proche de celle de l'époque paléolithique : ce serait celle des chasseurs-cueilleurs contemporains, qui font partie des peuples dits "indigènes". Il est a noter qu'il existe une importante similitude entre l'organisation sociale et la spiritualité des communautés de chasseurs-cueilleurs de Sibérie et celles des Amériques (cultures chamaniques) et même celles de l'Afrique animiste ou de l'Océanie. On peut en tout cas trouver des points communs entre les images produites au paléolitique et celles produites par certaines sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles (ex : les aborigènes d'Australie), ou encore en ce qui concerne les sépultures (ex : une sépulture vieille de 24 000 ans découverte en Russie contient des éléments proches de ceux des sépultures traditionnelles des peuples de Sibérie actuelle).
Or si pendant près de 35 000 ans cette culture symbolique et ce mode de vie n'ont que peu évolués c'est bien qu'ils convenait parfaitement aux humains. A partir de la mise en pratique de l'agriculture (qui commence au Moyen-Orient il y a environ 10 000 ans) s'enclenche un processus d'évolution technologique (appelé "progrès de l'humanité" dans l'idéologie dominante) qui s'accélère de façon exponentielle (parallèlement à la démographie) jusqu'à mener à la situation actuelle, qui peut être qualifiée de catastrophique, aussi bien sur le plan écologique (extinction massive des espèces vivantes, dévastation des milieux naturels, pollution généralisée de l'air, de l'eau, des sols), épuisement des ressources naturelles, réchauffement climatique...) que sur le plan sociétal (misère de masse, exploitation, esclavage, génocides et ethnocides...) et sur le plan culturel (processus de désymbolisation, ouvrant la voie au néo-fascisme). Est-ce vraiment "progresser" que d'en arriver là ? Pourtant l'idéologie dominante assimile le fait de ne pas évoluer à de l'arriération !
On est alors en droit de se demander si la culture préhistorique n'est pas en définitive la forme de culture la mieux adaptée à l'humanité (c'est la plus stable et la plus durable que l'humanité ait connue) alors que la période dite "historique" correspondrait à la dégénerescence de la culture humaine, menant l'humanité au chaos.

Interrogeons nous maintenant sur les connaissances des hommes préhistoriques et leur mode d'acquisition, en nous basant sur celles des chasseurs-cueilleurs actuels. Prenons l'exemple de la médication à base de plantes. Les peuples indigènes ont une connaissance extrêment approfondie des plantes que l'on trouve dans les zones qu'ils parcourent, ils en connaissent et en maîtrisent les usages alimentaires, médicinals ou pratiques. Comment ont-ils acquis ces connaissances ?
La démarche scientifique occidentale procède par analyse systématique et recherche des effets sur des cobayes. La démarche des chamanes est tout autre. Lorsque l'on interroge ceux-ci sur l'origine de leur connaissance, ils répondent : "c'est la plante qui me l'a dit." Comment comprendre cela ? On sait que les chamanes entrent en transe et voyagent par le "rêve" dans le monde des esprits (souvent à l'aide de plantes hallucinogènes dont justement l'usage est interdit par les "démocraties libérales"). Quelle forme de communication existe-t-il entre les plantes et nous ? "La plante me l'a dit" cela ne signifie-t-il pas simplement que la plante fait quelque chose au corps, qu'elle lui "parle" par exemple par le goût ou l'odeur ou d'autres processus encore inconnus de notre science balbutiante ? Les animaux, et en particulier les mammifères, ont la capaciter non seulement de savoir distinguer les plantes comestibles mais aussi celle de choisir des plantes pour se soigner. Et ce alors que leurs capacités de transmission de la connaissance entre individus sont relativement limitées. Si les mammifères non humains ont une capacité (sensibilité) instinctive qui leur permet de connaître les effets de certaines plantes, pourquoi ne l'aurions nous pas aussi ?
Cette sensibilité perceptive serait alors développée par les chasseurs-cueilleurs tandis que nous, hommes "civilisés", nous ne l'aurions pas développé, faute de stimulations. C'est en ce sens que l'on pourrait dire que les hommes des temps préhistoriques étaient plus intelligents que nous, c'est à dire moins aliénés.

réf film arte.tv (03/05/08 21h)
livre chamanisme
cf. aussi réf sur l'abondance au paléolitique.

La connaissance populaire, enjeu de pouvoir

La connaissance populaire tire son origine des connaissances acquises au cours des millénaires par les sociétés humaines nomades puis sédentaires. (cf. texte sur la préhistoire ci-dessus).

Lorque les religions monothéistes se sont répandues, elles se sont efforcé d'éradiquer ces connaissances, faisant parties de la culture dite "païenne" ainsi que les structures sociales qui les accompagnent afin de les remplacer par leurs dogmes et leurs hiérarchies.
Il y eu notamment l'action colonisatrice du Saint-Empire Romain Germanique (dont Charlemagne) à la fin de l'antiquité, mais c'est finalement l'inquisition - et ses équivalents dans les pays protestants - qui mena l'essentiel de cet ethnocide en Europe (du XIIIème au XVIIème siècle) en dénonçant cette connaissance comme "superstition" ou "paganisme" et en brûlant par dizaines de milliers les détenteurs principaux de ce savoir (sorciers et sorcières). Dans le reste du monde ce sont les missionaires et les autorités des puissances colonisatrices, précédant et accompagnant les armées coloniales, qui ont réalisé cet ethnocide.

Ainsi en particulier dans le domaine médical, le peuple fut-il dépossédé de son savoir pour le plus grand profit des médecins. Ceux-ci dissimulaient leur ignorance derrière l'usage du latin (non compris par le peuple), ignorance (dénoncée en son temps par Molière) qui perdure encore largement aujourd'hui, dissimulée derrière les coûteuses technologies de pointe mises en avant, par exemple, dans certaines émissions de propagande télévisuelle.

L'enjeu de la connaissance est un enjeu de pouvoir (cf. Michel Foucault), la destruction de la connaissance populaire dans tous les domaines rend le peuple dépendant des détenteurs du savoir institutionnel et des capitalistes qui fournissent les objets (produits) que les gens ne savent plus ni fabriquer ni entretenir ni réparer.

Censure de la culture. Un exemple : l'érotisme pour les élites, le porno pour les masses

(lien depuis hystérie, depuis révisionnisme)

Pourquoi les masses regardent-elles TF1 plutôt que ARTE ?

L'accès à la culture a toujours été réservé à certaines élites (aux dominants). De nos jours, ce n'est pas tant que certains pans de la culture ne sont pas matériellement accessibles (musées, livres, télévision culturelle... sont accessibles au public et à la portée de (presque) toutes les bourses), mais plus subtilement, le peuple est écartée de la culture par le fait que celle-ci est construite (par le discours médiatique) comme peu attrayante car "chiante" et réservée aux "intellos". Dès l'enfance, les jeunes des classes dominées intériorisent un complexe d'infériorité en matière de culture (qui s'exprime sous forme d'un mépris pour celle-ci). Cf. Bourdieu. Tout cela a pour but et pour conséquence pour qu'ils intègrent le fait que la culture ce n'est pas pour eux.
Il y a là une forme subtile de censure. Les idéologues auront ensuite beau jeu de dire qu'ils proposent les programmes que les gens veulent... et que chacun est libre de son choix.

L'art érotique, un danger pour l'ordre social.

La plupart des artistes ont produit des oeuvres licencieuses. Peintures, scultures, dessins, romans, poèmes... Or ces oeuvres, quand elles n'ont pas été détruites, ont longtemps été dissimulées dans des cabinets de collectionneurs, dans les réserves des musées, l'enfer des bibliothèques... Seuls quelques initiés (l'élite) y avaient accès. La plupart des ouvrages d'histoire (de l'art) passent encore aujourd'hui sous silence cette production : l'image de l'histoire, de la culture et de la civilisation humaine qu'ils construisent est une image complètement déformée, allant dans le sens de la pubidonderie (il s'agit là d'un véritable révisionnisme). Ainsi un recueil d'illustrations érotiques (tel que par exemple réf Taschen - ce livre ne présente malheureusement que des productions occidentales, d'autres abordent les oeuvres des autres civilisations) est indispensable pour compléter la lecture d'une histoire de l'art. Il en va de même dans le domaine littéraire. Très récemment quelques portes se sont ouvertes (un documentaire, Les musées secrets (auteurs ?) à été diffusé sur ARTE début 2008 (lien), tandis que la Bibliothèque Nationale exposait une partie de son enfer (hiver 2007-08, lien)

A propos des "conquêtes de l'édition" dans les années 1950 : "On est en droit de se demander si cette conquête ne s'est pas faite au prix d'une confusion où le leurre du "tout est permis" dans une banalisation du scandale, cohabite avec la menace moralisatrice qui pèse sur les sujets tabous, comme les soupçons de pédophilie ou l'expression d'autres "déviances"." Les commisaires de l'exposition : Marie-France Quignard et Raymond-Josué Seckel.

Naturellement c'est dans les manuels scolaires que la censure est la plus totale sur cette production. D'une manière plus générale tout discours sur la sexualité à destination des enfants tombe soit sous le coup de la censure de la loi, soit sous le soupçon jeté par cette forme plus subtile de censure qui provient de la médiatisation irrationnelle des affaires dites de "pédophilie". Bref l'éducation à la sexualité devient de plus en plus irréalisable, ouvrant toute grande la voie à la pornographie.

En matière d'éveil du désir sexuel, l'accès à l'art érotique reste donc bien réservé à une élite, tandis que les autres n'auront accès qu'aux images aliénantes produites en masse par la pornographie.

Si les classes dominantes se réservent de fait l'accès à la culture, et en particulier à la culture érotique, c'est bien parce que celle-ci recelle un fort potentiel subversif.
La culture érotique fourni les outils de la liberté sexuelle. Cette liberté est indissociable de la liberté de penser, de la liberté de juger par soi-même (et non en fonction des discours médiatiques, de la publicité, des marques...). Le désir sexuel, par son ancrage au plus profond de nous, est la source la plus solide du jugement, quand il n'est pas aliéné. La construction du désir sexuel permet aux autres désirs inscrits dans notre corps de devenir également sources d'un jugement indépendant des influences du marketing, c'est à dire avant tout fondé sur nos perceptions et nos émotions. La culture permet la construction d'un sujet désirant. Autrement les désirs de l'individu trouvent leur origines dans la publicité et plus généralement dans les valeurs véhiculées par l'idéologie dominante.

La reproduction de l'ordre social (la hiérarchie sociale) passe à la fois par la dévalorisation et la destruction des cultures populaires et par l'interdiction de l'accès des dominés à ce qui en subsiste, notamment en le dévalorisant à leurs propres yeux.

"C'est précisement parce-que les classes dominantes étaient conscientes, pleinement ou de manière subliminale, du potentiel révolutionnaire de la sexualité qu'elles ont insisté sur une éthique sexuelle puritaine voire manichéenne. En même temps elles ont conçu d'intelligentes gratifications de substitution, qui canalisent les énergies sexuelles vers des buts inoffensifs telles que les sports ou les divertissements populaires."
Herbert Marcuse in "Zur Kritik des Hedonismus".

Attendre le grand soir ou déserter ? (réf : les films de Pierre Carle et al., la BD de Gébé l'An 01)

Les uns rêvent de révolution tout en continuant à consommer, d'autres sortent du Système...

Le NPA : un Nouveau Parti Anticapitaliste ?
Cette initiative, émanant pour l'essentiel de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), parti d'extrême gauche en perte de vitesse, peut-elle apporter quoi que ce soit de neuf à la lutte contre le capitalisme et le néo-fascisme ?
Un constat : en France les partis politiques dits de gauche (Parti Communiste, Parti Socialiste, Verts) sont en pleine déliquescence. Faut-il s'en désoler ou au contraire s'en réjouir ? (Ces partis sont objectivement capitalistes, même ceux qui ne l'assument pas.)
"Parti anticapitaliste" : un nouvel oxymore :

  1. Un parti politique ne tire sa légitimité que des élections. Or le système électoral, tel que nous le connaissons, est l'un des outils qui soutendent l'illusion de la démocratie. Illusion qui fait partie de l'idéologie néo-libérale capitaliste. Par essence tout parti visant à se présenter aux élections cautionne et donc soutien l'idéologie capitaliste !
  2. Un mouvement dont l'anticapitalisme est la définition même (son identité) se pense donc avec les catégories de son ennemi : sa définition même signe sa défaite.
  3. Un mouvement qui se défini comme "anti" est une impasse puisque son existence est liée à ce qu'il combat : il ne propose aucune autre vision du monde, aucune utopie permettant d'imaginer d'autres rapports sociaux. De plus il n'a aucun intérêt à la disparition de ce qu'il combat : si le capitalisme disparaissait, le parti capitaliste cesserait aussitôt d'exister (ses cadres ne seraient plus rien et ses militants désorientés) !

"Ne reversons pas l'Etat, laissons le tomber !"
Denis Langlois, Slogans pour les prochaines révolutions, Seuil, 2008.

Le guignol du Système

Tout système a besoin d'un guignol qui par son coté sympa mais ridicule (et naturellement inoffensif) décrédibilise la critique de ce système.
"Travailleuses, Travailleurs..." ainsi commencent les interventions de notre guignol national (vous l'avez reconnue ?)

La gratuité : ultime subversion ?

Dans une société fondée sur les rapports marchants, la gratuité est une idée particulièrement subversive.
Abolir l'argent ne suffirait pas à éliminer les rapports marchands si le troc s'y substitue. (Bien que le troc ait pour avantage de ne pas permettre d'accumulations considérables de capital, puisque dans ce cas le capital est nécessairement matériel.)
A l'inverse la gratuité totale serait la base d'une société fondée sur de tout autres rapports.
Puisqu'il n'y aurait plus aucun profit économique à en tirer, toutes les activités parisitaires seraient abandonnées. Les activités contre-nature (polluantes, aliénantes) disparaîtraient de même. Seuls subsisteraient les activités vitales (production de nourriture saine, soins, vêtements (uniquement dans les pays froids !), logement...) et les activités agréables, créatives, formatrices... Se serait donc la fin du travail aliéné : la démocratie du travail serait instaurée.

Des expériences de gratuité ont existées : exemple les Diggers de San Francisco (1967) (lien).
La gratuité existe dans des rassemblements alternatifs temporaires (ex : Rainbow family, Burning man (à vérifier), Ecotopia (à vérifier) ou dans des communautés établies : cela fonctionne ! Les transactions marchandes sont inexistantes entre les participants. Il est néanmoins en général encore nécessaire de disposer d'argent pour se fournir à l'extérieur en biens de première nécessité ne pouvant être produits sur place ; dans ce cas la contribution de chacun se fait souvent sur le mode du volontariat (don ou "prix libre"). Plus les espaces de gratuité se multiplieront, plus le recourt à des achats externes diminuera (du fait des possibilités accrues de production et d'entraide).

Faites l'expérience de la gratuité : offrez quelque chose à quelqu'un (un inconnu, un voisin) sans contrepartie et observez en les effets sur vous-même, sur l'autre, sur votre rapport à l'autre.

Exemple à la portée de (presque) tous : vous avez certainement chez vous des livres, des disques, des CD, des DVD, des cassettes audio ou vidéo que vous avez déjà lus, visionnés ou écoutés et qui dorment dans des rayonnages. Plutôt que de les y laisser ou d'aller les revendre à quelque margoulin qui vous les reprendra pour une bouchée de pain (pour les revendre dix fois plus cher), mettez-les dans une caisse et déposez celle-ci dans le hall de votre immeuble (ou dans un local de votre commune) avec une invitation à se servir. (Assurez-vous d'abord que votre concierge ne les mettra pas à la poubelle.) D'autres voisins vous imiterons certainement.

 

Apports de la psychologie sociale sur l'idéologie dominante

-Des éclairages sur ce qu'est une idéologie du point de vue psycho-social : des mécanismes de pensée biaisés.
-Des éclairages sur les modèles psycho-sociaux de la persuasion. La manipulation. Discours médiatique versus discours rationnel.
-Les 10 commandements de l'individualisme libéral (d'après Jean-Léon Beauvois).

Divers documents

-Note de lecture : "Oppression et liberté" de Simone Weil.
-Résumé de l'émission de France Culture : "Subversion, crème et bazooka" avec Noël Godin dit "le gloupier" dit "l'entarteur".
-De nouveaux articles sur les communes A.A. parus dans la revue Sexpol.

 

Thématique psychanalyse, corps, sexualité, idéologie et société :

Qu'ont-ils fait de Freud, le révolutionnaire ?

Aujourd'hui il n'y a guère qu'en France et aux U.S.A. (et peut-être dans certains pays d'Amérique Latine) que la psychanalyse conserve une certaine importance. Dans les autres pays elle reste totalement marginalisée. Ce fait est la conséquence à la fois du rejet de la "découverte" centrale de la psychanalyse : le fait que les enfants ont une sexualité(1), ainsi que la conséquence du fait que la plupart des psychanalystes ont détourné et stérilisé la pensée de Freud(2) et rendu celle de Lacan hermétique(3).
Ainsi, en France comme aux États-Unis une bonne part de la psychanalyse se retrouve réduite à une méthode thérapeutique, longue, coûteuse et aux résultats aléatoires, ayant parfois même une visée de normalisation. C'est cette image désastreuse qui est répandue chez les gens qui n'ont qu'une connaissance superficielle de ce qu'est la psychanalyse, et notamment la plupart des militants qui veulent changer le monde.
Or l'oeuvre de Freud recèle un potentiel subversif, révolutionnaire, inconnu du public car soigneusement occulté ou perverti par ceux qui prétendent se situer dans sa lignée. Freud ne s'est pas contenté de développer une théorie de l'Inconscient, une méthode thérapeutique et une méthode d'investigation scientifique. Freud a commencé à appliquer ses découvertes au champ politique, social, idéologique. Ces connaissances sont indispensables à la fois pour comprendre le fonctionnement social (la reproduction de l'idéologie, de la soumission et de la domination) et le fonctionnement interne des organisations militantes au sein desquels se jouent les mêmes schémas. L'ignorance des apports de la psychanalyse politique condamne à l'échec les efforts des militants "progressistes" quelque soient leur bonne volonté, leurs efforts ou leurs sacrifices.

1. Naturalisation et récupération des concepts freudiens

L'erreur fondamentale des freudiens : la naturalisation des observations de Freud. Complexe d'Oedipe, envie du pénis, traumatisme de la scène primitive, période de latence... ne sont pas des processus fondamentaux de l'être humain mais des disfonctionnements observés dans une société sexuellement répressive. Comment certains concepts freudiens sont récupérés par la psychanalyse bourgeoise pour justifier des positions répressive en matière de sexualité (ex: la sublimation).

En réalité les psychanalystes d'aujourd'hui n'ont qu'un mot à la bouche : "castration". Non pour la dénoncer mais pour en souligner la nécessité. "Castration" veut en effet dans leur bouche dire "principe de réalité", "renoncement à la toute puissance" de l'enfance. Il est hautement significatif que ce soit le mot de "castration" qu'ils utilisent pour dire cela.

La sexualité infantile est la "découverte" la plus insupportable pour les individus atteint de peste émotionnelle. Les freudiens ont néanmoins rapidement réussit à rendre cela à peu près acceptable en stipulant que cette sexualité est purement d'ordre symbolique (complexe d'oedipe, envie du pénis et autres pulsions libidinales ne sont que des mouvements psychiques). Or c'est là trahir la pensée de Freud. Reich lui s'est intéressé sans ambiguité à la sexualité réelle de ses contemporains, affirmant pleinement l'existence d'une sexualité infantile réelle. C'est pourquoi il est encore aujourd'hui un auteur maudit par tous les "penseurs" orthodoxes et académiques.

2. La répression de la sexualité et ses effets sur le psychisme et sur le système politique

Freud a décrit les effets pervers de la répression sexuelle et son utilisation à des fins de domination des individus par le système social capitaliste.

Mais ces aspects de son oeuvre ne sont pas enseignés. Les freudiens véhiculent une version édulcorée et politiquement correcte de Freud. C'est cette version (cf. §1) qui a été popularisée dans la culture générale. Alors même que l'oeuvre de Freud recèle un potentiel subversif et même révolutionnaire. C'est sur cette voie ouverte par Freud que Reich s'est lancé et qu'il a approfondie. Il y a bien plus de proximité entre les théories de Reich et de Freud, qu'entre la pensée de Freud et ce qu'ont en fait les freudiens.

Ce n'est pas parce que les bourgeois se sont approprié la psychanalyse qu'il faut pour autant la rejeter. Nier les apports de la psychanalyse serait dangereux et se priver de ses concepts ce serait se priver d'outils indispensables. Les chercheurs et militants radicaux doivent d'urgence se réapproprier la psychanalyse.

Notes :

(1) Il existe cependant un courant psychanalytique qui met totalement de coté la sexualité, processus central de toute vie humaine. C'est la voie développée par Carl Gustav Jung qui, s'étant fâché avec Freud, à développé par opposition à la "psychanalyse juive" une conception faisant la part belle aux mythes "aryens" et n'a pas hésité à venir (de Suisse) s'installer en Allemagne pour diriger la société de psychanalyse allemande pendant la première moitié (1933-1939) du règne Hitlérien.

(2) Comme d'ailleurs les marxistes vulgaires ont stérilisé la pensée de Marx. Faisant de ce qui était une démarche scientifique créatrice une idéologie : le "marxisme". Conscient de cette dérive Marx lui-même a dit : "Je ne suis pas marxiste" !

(3) Glissons sur le fait, qu'en France, la psychanalyse est divisée en un grand nombre de chapelles qui se tirent dans les pattes (sectarisme). Les Lacaniens pour leur part s'expriment dans un jargon compréhensible des seuls initiés, ce qui, au mieux, rend leurs travaux inutiles (ce qui n'est pas rendu compréhensible par les gens est politiquement inutile pour le peuple et ne profite qu'aux "experts" de la technocratie) et au pire masque la possible vacuité de leurs analyses, et de toutes façon contribue au rejet de la psychanalyse.

Bibliographie :

Lire le texte éclairant de Jean-Marie Brohm : Encore une fois : la lutte contre la répression sexuelle (paru dans la revue Mortibus n°3) sur le caractère révolutionnaire des idées de Freud.

Freud, Reich, Marcuse, Castoriadis, Horkheimer, Adorno, Ernst Bloch et aussi Fraenkel, Dadoun...

Le mal du XXIème siècle : la désymbolisation

D'après Dany-Robert Dufour. Incapacité de donner du sens, incapacité à construire une société. Ouvre la voie au totalitarisme (Cf. H.Arendt.)
A mettre en rapport avec la "désublimation répressive" (Marcuse). Cf. le porno.
Et avec l'incapacité à créer résultant de la répression de la sexualité (Reich).

L'illusion de la libération sexuelle

De la sublimation répressive (Freud) à la désublimation répressive (Marcuse, Adorno).

Les perversions sexuelles : définies comme déviances par rapport à la norme hétérosexuelle-monogame fondée sur une vieille idée puritaine jamais enterrée : sexe=reproduction.

La femme se libère, les jupes (et les culottes) raccourcissent ... et au fur et à mesure l'épilation progresse remplaçant le vêtement qui dissimulaient les parties érotiques (les poils). De nos jours il devient de plus en plus difficile pour les jeunes femmes de porter une jupe.

De nos jours il est valorisé de se montrer comme "sexuellement libéré". On ne peut donc plus guère assumer (ni aux yeux des autres ni à ses propres yeux) un quelconque dégout du sexe. Or ce dégout perdure pourtant, il s'est déplacé sur le poil : "le poil c'est sale". En effet nous avons mis en évidence le caractère sexuel du poil (lien vers été sans épilation §sexe). D'ailleurs les enfants le disent directement : "le sexe c'est dégoutant", car ils intériorisent la répression sexuelle bien avant d'intérioriser la norme "il est bien de se montrer comme étant sexuellement libéré".

Cette norme biaise d'ailleurs les réponses aux enquêtes sur la sexualité (critique de l'enquête nationale française 2008 (lien) qui ne tient pas compte de cet élément).

Et l'on glisse vers une sexualité désexualisée (cf. la pub, le porno).

Voir aussi notre analyse de la pornographie.
Voir aussi dans les F.A.Q. "la révolution sexuelle n'a-t-elle pas déjà eu lieu ?"

Le toucher

Ses fonctions vitales, ses interdits. Avec des extraits du livre de Montagu.

On se touche très peu dans nos sociétés (les poignées de main et bises ça ne compte pas car c'est ritualisé). 
Et pourtant... 
Le toucher est indispensable à un bon équilibre, il a des vertus thérapeutiques. 
Il a par exemple été montré que les vieux qui vivent seuls mais ont un animal domestique vivent plus longtemps que ceux qui n'en ont pas car ils peuvent échanger des caresses avec lui. 
Le toucher est aussi essentiel pour les enfants. Pendant longtemps on ne comprenait pas pourquoi les bébés orphelins placés en internat mourraient à la pelle : les "soignants" ne les touchaient pas (ils ne faisait tout au plus que les manipuler pour les laver ou nourrir).

Aujourd'hui de nombreux parents se trouvent culpabilisés dans leur désir, naturel, de caresser leur enfant par le spectre de la pédophilie agité de façon irrationnelle par les médias. Voir aussi les faits divers.

Les études interculturelles ont montré que les enfants qui sont portés régulièrement par leurs parents (par opposition à l'usage du landeau) sont plus précoces dans leur développement moteur (aprennent plus vite à marcher). L'intérêt du bercement a été également démontré, alors même que les berceaux ont disparus de nos contrées. Les enfants qui sont plus touchés acquièrent plus rapidement le schéma corporel, tandis que ceux qui ne le sont pas assez auront moins de chance d'arriver à s'orienter avec facilité dans l'espace, même une fois parvenus à l'age adulte.

Tout ceci est bien d'autres choses dans ce livre très instructif sur le sujet (il est encore édité) :  Montagu, Ashley, La peau et le toucher, Seuil, 1979.
Et complété par Field, Tiffany, Les bienfaits du toucher, Payot, 2003.

Par ailleurs il a été montré en psychologie sociale que toucher quelqu'un (par exemple sur le bras) quand on lui demande quelque chose augmente beaucoup les chances d'une réponse favorable. Certains commerçant utilisent ce truc ! (Les politiciens aussi.)

L'allaitement

Dans les instants qui suivent l'accouchement, l'enfant, s'il a été déposé sur le ventre de la mère, rampe instinctivement vers un sein. Le premier lait produit à ce moment (le collostrum) est très chargé en immunoglobulines : son ingestion est très importante pour le développement de l'immunité du bébé (sa future résistance aux maladies en dépend).
Par la suite, l'allaitement, loin d'être simplement un moyen de se nourrir, joue un rôle déterminant pour la structuration de l'enfant. L'allaitement est en effet le point de départ de la sexualité, comme l'a établi la psychanalyse : en effet le jeune enfant ne tête pas uniquement pour se nourrir mais aussi pour la jouissance que cet acte lui procure. N'oublions pas que l'amour maternel est fondamentalement un amour physique, charnel.
Dans nos société, l'allaitement s'est réduit à en général quelques mois voire quelques semaines. Tandis que chez bien des peuples l'allaitement est maintenu plusieurs années et idéalement jusqu' à ce que l'enfant s'en lasse de lui-même. A ce moment l'enfant a réalisé de lui-même la séparation d'avec la mère et se trouve prêt à s'émanciper.
A l'inverse un sevrage trop précoce (tel qu'il se pratique dans les sociétés industrialisées) conduit à une frustration durable, qui s'exprime par la sucion du pouce : un comportement de substitution pas du tout naturel.

Le recul de l'allaitement dans notre société est lié à deux facteurs. Tout d'abord, au XIXème siècle et dans la première moitiée du XXème, l'influence de la pédagogie noire et du puritanisme (élever ses enfants à la dure, l'interdit du toucher et de la tendresse) qui se perpetue au XXème siècle sous couvert de doctes conseils médicaux qui prétendaient qu'il fallait rompre prématurément le lien attachant la mère et l'enfant. Il faudra attendre les années 1960-70 pour que la raison revienne quelque peu.
L'autre facteur étant la mise au travail des femmes du prolétariat (en premier lieu à l'usine) dans des conditions peu compatibles avec une proximité avec le jeune enfant. De nos jours les industriels du lait en poudre ont réussit à convaincre une bonne partie des femmes qu'une "femme libérée" ne saurait s'embarrasser de la "corvée" de l'allaitement. Merci à Nestlé(R) et consorts d'avoir "libéré" la femme de la nature !

Sur la médecine :

Contre la dérive vers une médecine purement médicamenteuse, subordonnée à l'industrie pharmaceutique (y compris dans la prise en charge des "maladies mentales").
Contre l'abandon du toucher dans l'auscultation.
Pour une prise en compte globale de la personne : l'approche holistique.

Sport, sexualité et idéologie :

(2 liens depuis néo-fascisme, lien depuis dieuxdustade)

-Le sport pour vidanger l'énergie sexuelle de la jeunesse (citation de Coubertin)
L'instrumentalisation de la sexualité des sportifs et la sportivisation de la sexualité ordinaire (réf. Ollier dans Mortibus n°3)
-Le sport spectacle, les meutes chauvines et fascistes
-Le dopage est présenté par les médias et les institutions sportives comme une dérive corrompant l'esprit sportif. En fait le dopage s'insère parfaitement dans la logique compétitive. Il n'y a pas plus de compétition sportive "propre" qu'il n'y a de "guerre propre".
-Les jeux Olympiques (comité longtemps dirigé par un ancien ministre de Franco), de Berlin (1936) à Pékin (2008), en passant par Mexico (1968) : toujours au service des dictatures les plus sanglantes.
-Comment le sportif considère-t-il son corps ? Son corps = un outil qu'il façonne (exemple extrême : les culturistes) afin qu'il lui permette de réaliser des performances. C'est à dire qu'il considère son corps comme un objet. Cf. le discours sur le sport qui fait constamment référence au "mental" (paradoxal si on considère le corps comme premier dans l'activité sportive) : la volonté doit maîtriser le corps, le forcer à produire.
Considérer que nous sommes notre corps et que ce sont nos besoins physiologiques qui, dans une large mesure, conditionnent - ou devraient conditionner - notre pensée, c'est aller à l'opposé de l'idéologie sportive.

"Il y a une chose que - même si elle était considérée comme essentielle - aucun mouvement étudiant ou révolte urbaine ou mouvement de contestation global ou quoi que ce soit ne pourra jamais faire : occuper un terrain de football un dimanche. L'idée même en paraît ironique et absurde ; essayez de le dire en public et les gens riront de vous. Proposez le sérieusement et vous serez mis au ban comme provocateur. [...] une attaque sur un terrain de sport conduirait certainement au massacre des assaillants, sans discrimination, boucherie complète réalisée par des citoyens respectables révoltés par l'outrage."
Umberto Eco, traduit de Sports chatter, 1969.

"C'est précisement parce-que les classes dominantes étaient conscientes, pleinement ou de manière subliminale, du potentiel révolutionnaire de la sexualité qu'elles ont insisté sur une éthique sexuelle puritaine voire manichéenne. En même temps elles ont conçu d'intelligentes gratifications de substitution, qui canalisent les énergies sexuelles vers des buts inoffensifs telles que les sports ou les divertissements populaires."
Herbert Marcuse in "Zur Kritik des Hedonismus".

Le sport tire ses origines dans les casernes de l'antiquité (entraînement guerrier). Ses valeurs principales - compétition, performance - sont parfaitement en phase avec l'idéologie capitaliste.

Le sport moderne est aussi à mettre en rapport avec l'exercice d'un travail non physique. Aussi commence-t-il dans les classes dominantes au XIXème siècle. La pratique sportive contemporaine s'inscrit aussi dans une logique de modelage du corps (en lien avec l'artificialisation du corps).

Il convient de distinguer le sport et l'exercice physique, ce dernier pouvant se définir comme une activité physique hors de toute logique marchande.

Lire aussi "Football et psychologie de masse" de Fabien Ollier et la revue de critique radicale Quel sport ?

Lire aussi Sport et esthétique nazie aujourd'hui (à propos du calendrier Les dieux du stade).

Lire aussi Sport et sexualité : le stade de la programmation, article de Fabien Ollier dans la revue Mortibus n°3

Biblio : Jean-Marie Brohm, Fabien Ollier, Patrick Vassort. Liste d'ouvrages de sciences humaines traitant du sport.
Film de Richard Dindo sur le massacre de la place des trois cultures à Mexico
Lien : Boycoot des J.O. de Pékin (pétition en ligne) : www.cobop.net

Nudité, naturisme et nudisme

(lien depuis révisionnisme ; depuis FAQ#critères de progressisme)

L'historique : révisionnisme et pudibonderie

(réf H.P.Duerr, Nudité et pudeur, le mythe du processus de civilisation)

La nudité est un tabou depuis la fin du Moyen-Age (XIIIème siècle, début de l'inquisition ?). Elle l'a été tout particulièrement au XIXème siècle (qui voit le triomphe de la pudibonderie bourgeoise). Mai 1968 n'a pas réussi à briser l'étau pudibond, à peine à le dessérer !
On oublie que pendant l'antiquité et le Moyen-Age, les gens vivaient souvent nus. (Ex : gymnastes grecs nus, guerriers gaulois nus, au Moyen-Age les gens qui se rendaient au bain public marchaient nus dans les rues, les gens se baignaient nus dans les rivières...). De même en matière d'art, les oeuvres érotiques, qui ont abondées de tout temps, sont éliminées des histoires de l'art et des musées. Il s'agit là d'un véritable révisionnisme.
A quand remonte l'invention du maillot de bain (le fait de devoir se baigner habillé) ?

Au début du XXème est apparu le mouvement dit "naturiste", avec des justifications hygiènistes (se soigner par l'exposition au soleil : héliothérapie). Naturellement toute sexualité en est bannie. Les normes prohibent même de se toucher quand on est nu.
Si bien que ce nudisme ne constitue en rien une libération du corps et de la sexualité. (Ce que Wilhelm Reich avait observé en Scandinavie dans les années 1930 et qui lui avait valu de solides haines / manifestations de la peste émotionnelle).

Il faut toutefois mettre à part l'éphemère mouvement naturiste libertaire qui voyait dans la dénudation un geste révolutionnaire (réf E.Armand + liens).

Naturisme ou nudisme ?

Aujourd'hui le nudisme se pratique de deux façons bien distinctintes :

- le nudisme encadré (institutionnel = en France il faut même payer une taxe à la fédération nationale pour pouvoir le pratiquer !) et légal, se pratique dans des camps entourés de hauts murs (où l'on paye pour s'y installer), à l'abri des regard du monde extérieur. Les comportements y sont très codifiés (normalisés) et toute manifestation sensuelle y est prohibée. Les adeptes se désignent par le terme de "naturistes", alors même qu'il n'y a chez eux rien de naturel (et surtout pas la pilosité qui se doit - pudibonderie oblige - d'être taillée au cordeau sinon totalement éliminée (de plus en plus). En effet épilation = vêtement symbolique (réf J.D. Urbain : Sur la plage).
Ils taxent de "nudistes" (termes péjoratif) ceux qui ne se conforment pas aux normes (les "voyeurs", etc.) et ceux qui pratique en dehors des camps.

- le nudisme "sauvage", s'est toujours pratiqué (il n'a pas attendu le mouvement "naturiste" pour exister). Il est illégal, donc nécessite de se cacher, de trouver des endroits isolés. Il ne s'embarasse de normes répressives. Ici chacun est libre de faire ce qu'il veut. Ce nudisme est évidemment beaucoup plus "naturel" que le nudisme parqué dans des camps.

Légalité, intolérance et revendications

L'association pour la promotion du naturisme en liberté (APNEL) revendique le droit de vivre nu. Mais revendication restrictive car s'appuyant sur le fait de considérér la nudité comme non sexuelle. Une société véritablement libre doit accepter que les gens puissent se livrer à toute activité sexuelle (non violente) en tout lieu. Les enfants ne sont choqués par la sexualité qu'à partir du moment où ils ont intériorisé la répression sexuelle. Seuls les pudibons sont choqués : ils sont atteint de la peste émotionnelle (lien FAQ), une pathologie à soigner. Faut-il restreindre des libertés fondamentales au prétexte que des malades prétendent qu'on leur manquerait de respect ? Dans ce cas les femmes devraient toutes sortir en Burqa car sinon elles manquent de respect aux intégristes. Et il devrait être interdit de se toucher en public (c'est le cas au Maroc : un homme et une femme ne peuvent se promener main dans la main - à moins de produire un certificat de mariage au policier qui ne manquera pas de les interpeller !). Liens Wikipedia "public display of affection"; "public nudity"; "public indecency".

La loi : le nouveau code pénal (date 1993 ?) abandonne le concept de "outrage à la pudeur" au profit de "exhibition sexuelle" (article 222-32 (lien légifrance)). Et toute nudité est toujours considérée comme telle ! (une circulaire précise néanmoins de ne pas appliquer l'article dans les lieux où la nudité est explicitement autorisée (c'est à dire les lieux naturistes, pour la plupart commerciaux - cf. plus haut "nudisme encadré"). (Plus de précisions sur le site juridique naturisme et droit) En définitive, la nudité n'est tolérée que dans la mesure ou elle s'inscrit dans un rapport marchand, permettant de générer du profit.
Cette transformation des textes de loi masque en fait une régression inquiétante : la loi ne se défini plus explicitement par rapport à des normes sociales (la pudeur) mais elle pathologise la déviance : en effet le concept "d'exhibition" réfère à une perversion sexuelle. Remarque : s'embrasser sur la bouche en public, n'est-ce pas une "exhibition sexuelle" ? Attention à vous les amoureux...

Autre exemple où le mot "respect" vient masquer l'intolérance (voir la langue du l'idéologie néo-libérale : la LQR) :
Il est courant chez nous d'entendre (ou de lire sur des forums) des hommes se plaindre des femmes qui sont seins nus à la plage lorsque ces seins ne correspondent pas aux normes de beauté en vigueur. Ces femmes leur manquerait de respect en leur imposant la vue de leur seins "moches". C'est là une attitude intolérante et discriminatoire : est-ce aux voyeurs de décider qui a la liberté de vivre nu ?
De plus il existe une discrimination sexiste : là où les hommes peuvent se montrer torse nu, il est rare que les femmes le puisse (ex : les piscines). En Amérique du Nord et en Scandinavie notamment existent des associations féministes qui luttent contre cette discrimination (par exemple : www.tera.ca + Lien Wikipedia "Topfreedom"). Certains états ou municipalité ont reconnu le droit d'être torse nu en public (Ontario, Barcelone - à vérifier).

Autour de l'été sans épilation et de la marchandisation du corps :

-Un peu d'humour.
-L'invasion des clones de poupées Barbies® : siliconées, botoxées, épilées, peintes, désodorisées, décérébrées...
-Une page regroupant des oeuvres picturales avec des femmes à poils.

-"Laisser parler vos odeurs corporelles". Halte à la désorisation qui supprime la communication émotionnelle et sexuelle.

Psychopathologie de la vie sociale

Notre société, vivant sous le régime de l'idéologie de l'individualisme libéral, se caractérise par des cohortes de dominés voulant sauver la face (paraître libres). Jusqu'où sont-ils dupes de leur état de dominés ? Les malades, en proie à la peste émotionnelle, haïssent du plus profond de leur être les hommes véritablement libres. Cette haine ne provient-elle pas aussi d'une conscience confuse de leur propre état de soumission et de médiocrité ? Le névrosé cherche à se libérer de ses entraves, le pestiféré au contraire aimerait réduire tout le monde à son propre état.

réf : un film montrant que les sociétés transnationales considérées comme des individus, ont des comportements qui remplissent tous les critères de la psychologie clinique (DSM IV) permettant de diagnostiquer un cas psychotique.

Psychopathologie du militant

Si beaucoup de militants rejettent tout ce qui commence par "psy" ce n'est pas toujours pour de bonnes raisons.

Certes il y a des psychanalystes bourgeois et des "psycho-flics". Il ne faut pas pour autant se priver des outils et connaissances de la psychologie. Les tenants de l'ordre dominant on su en tirer parti - y compris en favorisant une recherche scientifique et un enseignement souvent marqué par l'idéologie dominante -, ceux qui s'y opposent ne peuvent en faire l'économie sans se retrouver en infériorité.

Mais le problème de bien des militants c'est qu'ils ne sont pas au clair avec les raisons pour lesquelles ils militent. Beaucoup de militants se lancent dans le combat politique pour résoudre leurs problèmes psychiques, sans en avoir conscience. Or il serait plus sain que le combat politique soit mené par des gens qui ont au préalable résolus l'essentiel de leurs problèmes ou au moins qui en soient conscient de façon à éviter d'agir de façon irrationnelle. Bien des conflits au seins des organisations sont liés à des luttes de pouvoir ou des relations viciées par des pulsions inconscientes.

De plus le souci de l'image sociale, très général chez l'individu des "démocraties" libérales, est un frein très important à l'action politique. La peur de perdre la face entraîne le conformisme et les compromissions. En effet il empêche de s'élever contre les positions consensuelles (normatives) au sein du groupe militant de peur d'être perçu comme déviant, de donner une mauvaise image de soi.
Pour être efficace, un militant doit avant tout être modeste, accepter d'avoir une mauvaise image sociale. La récompense du militant ne doit pas être la reconnaissance sociale (ou le statut) mais uniquement le succès de ses objectifs. C'est ce qui distingue fondamentalement le vrai militant politique du politicien.

Nous présentons ici quelques thèmes que nous envisageons de traiter ou de développer dans les mois à venir. Les textes ne sont pas finalisés et les références ne sont pas données.

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Mouvement International pour une Écologie Libidinale (MIEL) - www.ecologielibidinale.org - Dernière mise à jour le 17 fév. 2008