Projets de textes pour notre site (page 3)

Nous présentons ici quelques thèmes que nous envisageons de traiter ou de développer dans les mois à venir. Les textes ne sont pas finalisés et les références ne sont pas données. Lorsqu'il est complété le texte est enlevé de cette page et devient accessible via le plan du site où les nouvelles pages sont signalées par un pictogramme.

Thématique psychanalyse, corps, sexualité, idéologie et société :

Qu'ont-ils fait de Freud, le révolutionnaire ?

Aujourd'hui il n'y a guère qu'en France et aux U.S.A. (et peut-être dans certains pays d'Amérique Latine) que la psychanalyse conserve une certaine importance. Dans les autres pays elle reste totalement marginalisée. Ce fait est la conséquence à la fois du rejet de la "découverte" centrale de la psychanalyse : le fait que les enfants ont une sexualité(1), ainsi que la conséquence du fait que la plupart des psychanalystes ont détourné et stérilisé la pensée de Freud(2) et rendu celle de Lacan hermétique(3).
Ainsi, en France comme aux États-Unis une bonne part de la psychanalyse se retrouve réduite à une méthode thérapeutique, longue, coûteuse et aux résultats aléatoires, ayant parfois même une visée de normalisation. C'est cette image désastreuse qui est répandue chez les gens qui n'ont qu'une connaissance superficielle de ce qu'est la psychanalyse, et notamment la plupart des militants qui veulent changer le monde.
Or l'oeuvre de Freud recèle un potentiel subversif, révolutionnaire, inconnu du public car soigneusement occulté ou perverti par ceux qui prétendent se situer dans sa lignée. Freud ne s'est pas contenté de développer une théorie de l'Inconscient, une méthode thérapeutique et une méthode d'investigation scientifique. Freud a commencé à appliquer ses découvertes au champ politique, social, idéologique. Ces connaissances sont indispensables à la fois pour comprendre le fonctionnement social (la reproduction de l'idéologie, de la soumission et de la domination) et le fonctionnement interne des organisations militantes au sein desquels se jouent les mêmes schémas. L'ignorance des apports de la psychanalyse politique condamne à l'échec les efforts des militants "progressistes" quelque soient leur bonne volonté, leurs efforts ou leurs sacrifices.

1. Naturalisation et récupération des concepts freudiens

L'erreur fondamentale des freudiens : la naturalisation des observations de Freud. Complexe d'Oedipe, envie du pénis, traumatisme de la scène primitive, période de latence... ne sont pas des processus fondamentaux de l'être humain mais des disfonctionnements observés dans une société sexuellement répressive. Comment certains concepts freudiens sont récupérés par la psychanalyse bourgeoise pour justifier des positions répressive en matière de sexualité (ex: la sublimation).

En réalité les psychanalystes d'aujourd'hui n'ont qu'un mot à la bouche : "castration". Non pour la dénoncer mais pour en souligner la nécessité. "Castration" veut en effet dans leur bouche dire "principe de réalité", "renoncement à la toute puissance" de l'enfance. Il est hautement significatif que ce soit le mot de "castration" qu'ils utilisent pour dire cela.

La sexualité infantile est la "découverte" la plus insupportable pour les individus atteint de peste émotionnelle. Les freudiens ont néanmoins rapidement réussit à rendre cela à peu près acceptable en stipulant que cette sexualité est purement d'ordre symbolique (complexe d'oedipe, envie du pénis et autres pulsions libidinales ne sont que des mouvements psychiques). Or c'est là trahir la pensée de Freud. Reich lui s'est intéressé sans ambiguité à la sexualité réelle de ses contemporains, affirmant pleinement l'existence d'une sexualité infantile réelle. C'est pourquoi il est encore aujourd'hui un auteur maudit par tous les "penseurs" orthodoxes et académiques.

2. La répression de la sexualité et ses effets sur le psychisme et sur le système politique

Freud a décrit les effets pervers de la répression sexuelle et son utilisation à des fins de domination des individus par le système social capitaliste.

Mais ces aspects de son oeuvre ne sont pas enseignés. Les freudiens véhiculent une version édulcorée et politiquement correcte de Freud. C'est cette version (cf. §1) qui a été popularisée dans la culture générale. Alors même que l'oeuvre de Freud recèle un potentiel subversif et même révolutionnaire. C'est sur cette voie ouverte par Freud que Reich s'est lancé et qu'il a approfondie. Il y a bien plus de proximité entre les théories de Reich et de Freud, qu'entre la pensée de Freud et ce qu'ont en fait les freudiens.

Ce n'est pas parce que les bourgeois se sont approprié la psychanalyse qu'il faut pour autant la rejeter. Nier les apports de la psychanalyse serait dangereux et se priver de ses concepts ce serait se priver d'outils indispensables. Les chercheurs et militants radicaux doivent d'urgence se réapproprier la psychanalyse.

Notes :

(1) Il existe cependant un courant psychanalytique qui met totalement de coté la sexualité, processus central de toute vie humaine. C'est la voie développée par Carl Gustav Jung qui, s'étant fâché avec Freud, à développé par opposition à la "psychanalyse juive" une conception faisant la part belle aux mythes "aryens" et n'a pas hésité à venir (de Suisse) s'installer en Allemagne pour diriger la société de psychanalyse allemande pendant la première moitié (1933-1939) du règne Hitlérien.

(2) Comme d'ailleurs les marxistes vulgaires ont stérilisé la pensée de Marx. Faisant de ce qui était une démarche scientifique créatrice une idéologie : le "marxisme". Conscient de cette dérive Marx lui-même a dit : "Je ne suis pas marxiste" !

(3) Glissons sur le fait, qu'en France, la psychanalyse est divisée en un grand nombre de chapelles qui se tirent dans les pattes (sectarisme). Les Lacaniens pour leur part s'expriment dans un jargon compréhensible des seuls initiés, ce qui, au mieux, rend leurs travaux inutiles (ce qui n'est pas rendu compréhensible par les gens est politiquement inutile pour le peuple et ne profite qu'aux "experts" de la technocratie) et au pire masque la possible vacuité de leurs analyses, et de toutes façon contribue au rejet de la psychanalyse.

Bibliographie :

Lire le texte éclairant de Jean-Marie Brohm : Encore une fois : la lutte contre la répression sexuelle (paru dans la revue Mortibus n°3) sur le caractère révolutionnaire des idées de Freud.

Freud, Reich, Marcuse, Castoriadis, Horkheimer, Adorno, Ernst Bloch et aussi Fraenkel, Dadoun...

Le mal du XXIème siècle : la désymbolisation

D'après Dany-Robert Dufour. Incapacité de donner du sens, incapacité à construire une société. Ouvre la voie au totalitarisme (Cf. H.Arendt.)
A mettre en rapport avec la "désublimation répressive" (Marcuse). Cf. le porno.
Et avec l'incapacité à créer résultant de la répression de la sexualité (Reich).

L'illusion de la libération sexuelle

De la sublimation répressive (Freud) à la désublimation répressive (Marcuse, Adorno).

Les perversions sexuelles : définies comme déviances par rapport à la norme hétérosexuelle-monogame fondée sur une vieille idée puritaine jamais enterrée : sexe=reproduction.

La femme se libère, les jupes (et les culottes) raccourcissent ... et au fur et à mesure l'épilation progresse remplaçant le vêtement qui dissimulaient les parties érotiques (les poils). De nos jours il devient de plus en plus difficile pour les jeunes femmes de porter une jupe.

De nos jours il est valorisé de se montrer comme "sexuellement libéré". On ne peut donc plus guère assumer (ni aux yeux des autres ni à ses propres yeux) un quelconque dégout du sexe. Or ce dégout perdure pourtant, il s'est déplacé sur le poil : "le poil c'est sale". En effet nous avons mis en évidence le caractère sexuel du poil (lien vers été sans épilation §sexe). D'ailleurs les enfants le disent directement : "le sexe c'est dégoutant", car ils intériorisent la répression sexuelle bien avant d'intérioriser la norme "il est bien de se montrer comme étant sexuellement libéré".

Cette norme biaise d'ailleurs les réponses aux enquêtes sur la sexualité (critique de l'enquête nationale française 2008 (lien) qui ne tient pas compte de cet élément).

Et l'on glisse vers une sexualité désexualisée (cf. la pub, le porno).

Voir aussi notre analyse de la pornographie.
Voir aussi dans les F.A.Q. "la révolution sexuelle n'a-t-elle pas déjà eu lieu ?"

La prostitution

La question de la prostitution est de celles sur laquelle les mouvements féministes s'entre-déchirent. (Entre les abolitionnistes et les autres).

Pour nous la question est ailleurs. C'est celle du besoin de la prostitution. C'est-à-dire celle de l'insatisfaction et de la frustration sexuelle dans notre société à la fois pornographique et répressive.
Nous rêvons d'une société où il n'y ait plus de prostitution, non pas parce qu'on l'aurait interdite, mais parce qu'il n'y en aurait plus besoin et parce qu'il y serait considéré comme absurde d'échanger du sexe contre de l'argent.
Idéal qui d'ailleurs fut réalisé - de façon éphémère - chez les hippies (ou d'une autre façon dans les communautés AAO) des années 1960/70.

Le toucher

Ses fonctions vitales, ses interdits.

On se touche très peu dans nos sociétés (les poignées de main et bises ça ne compte pas car c'est ritualisé). 
Et pourtant... 
Le toucher est indispensable à un bon équilibre, il a des vertus thérapeutiques. 
Il a par exemple été montré que les vieux qui vivent seuls mais ont un animal domestique vivent plus longtemps que ceux qui n'en ont pas car ils peuvent échanger des caresses avec lui. 
Le toucher est aussi essentiel pour les enfants. Pendant longtemps on ne comprenait pas pourquoi les bébés orphelins placés en internat mourraient à la pelle : les "soignants" ne les touchaient pas (ils ne faisait tout au plus que les manipuler pour les laver ou nourrir).

Aujourd'hui de nombreux parents se trouvent culpabilisés dans leur désir, naturel, de caresser leur enfant par le spectre de la pédophilie agité de façon irrationnelle par les médias. Voir aussi les faits divers.

Les études interculturelles ont montré que les enfants qui sont portés régulièrement par leurs parents (par opposition à l'usage du landeau) sont plus précoces dans leur développement moteur (aprennent plus vite à marcher). L'intérêt du bercement a été également démontré, alors même que les berceaux ont disparus de nos contrées. Les enfants qui sont plus touchés acquièrent plus rapidement le schéma corporel, tandis que ceux qui ne le sont pas assez auront moins de chance d'arriver à s'orienter avec facilité dans l'espace, même une fois parvenus à l'age adulte.

Tout ceci est bien d'autres choses dans ce livre très instructif sur le sujet (il est encore édité) :  Montagu, Ashley, La peau et le toucher, Seuil, 1979. (en lire quelques extraits.) Et complété par Field, Tiffany, Les bienfaits du toucher, Payot, 2003.

Par ailleurs il a été montré en psychologie sociale que toucher quelqu'un (par exemple sur le bras) quand on lui demande quelque chose augmente beaucoup les chances d'une réponse favorable. Certains commerçant utilisent ce truc ! (Les politiciens aussi.)

L'allaitement

Dans les instants qui suivent l'accouchement, l'enfant, s'il a été déposé sur le ventre de la mère, rampe instinctivement vers un sein. Le premier lait produit à ce moment (le collostrum) est très chargé en immunoglobulines : son ingestion est très importante pour le développement de l'immunité du bébé (sa future résistance aux maladies en dépend).
Par la suite, l'allaitement, loin d'être simplement un moyen de se nourrir, joue un rôle déterminant pour la structuration de l'enfant. L'allaitement est en effet le point de départ de la sexualité, comme l'a établi la psychanalyse : en effet le jeune enfant ne tête pas uniquement pour se nourrir mais aussi pour la jouissance que cet acte lui procure. N'oublions pas que l'amour maternel est fondamentalement un amour physique, charnel.
Dans nos société, l'allaitement s'est réduit à en général quelques mois voire quelques semaines. Tandis que chez bien des peuples l'allaitement est maintenu plusieurs années et idéalement jusqu' à ce que l'enfant s'en lasse de lui-même. A ce moment l'enfant a réalisé de lui-même la séparation d'avec la mère et se trouve prêt à s'émanciper.
A l'inverse un sevrage trop précoce (tel qu'il se pratique dans les sociétés industrialisées) conduit à une frustration durable, qui s'exprime par la sucion du pouce : un comportement de substitution pas du tout naturel.

Le recul de l'allaitement dans notre société est lié à deux facteurs. Tout d'abord, au XIXème siècle et dans la première moitiée du XXème, l'influence de la "pédagogie noire" et de la pudibonderie (élever ses enfants à la dure, l'interdit du toucher et de la tendresse) qui se perpetue au XXème siècle sous couvert de doctes conseils médicaux qui prétendaient qu'il fallait rompre prématurément le lien attachant la mère et l'enfant. Il faudra attendre les années 1960-70 pour que la raison revienne quelque peu.
L'autre facteur étant la mise au travail des femmes du prolétariat (en premier lieu à l'usine) dans des conditions peu compatibles avec une proximité avec le jeune enfant. De nos jours les industriels du lait en poudre ont réussit à convaincre une bonne partie des femmes qu'une "femme libérée" ne saurait s'embarrasser de la "corvée" de l'allaitement. Merci à Nestlé® et consorts d'avoir "libéré" la femme de la nature !

L'accouchement

Jouir en accouchant

Sur la médecine :

Contre la dérive vers une médecine purement médicamenteuse, subordonnée à l'industrie pharmaceutique (y compris dans la prise en charge des "maladies mentales").
Contre l'abandon du toucher dans l'auscultation.
Pour une prise en compte globale de la personne : l'approche holistique.

Sport, sexualité et idéologie :

(2 liens depuis néo-fascisme, lien depuis dieuxdustade)

-Le sport pour vidanger l'énergie sexuelle de la jeunesse (citation de Coubertin)
L'instrumentalisation de la sexualité des sportifs et la sportivisation de la sexualité ordinaire (réf. Ollier dans Mortibus n°3)
-Le sport spectacle, les meutes chauvines et fascistes
-Le dopage est présenté par les médias et les institutions sportives comme une dérive corrompant l'esprit sportif. En fait le dopage s'insère parfaitement dans la logique compétitive. Il n'y a pas plus de compétition sportive "propre" qu'il n'y a de "guerre propre".
-Les jeux Olympiques (comité longtemps dirigé par un ancien ministre de Franco), de Berlin (1936) à Pékin (2008), en passant par Mexico (1968) : toujours au service des dictatures les plus sanglantes.
-Comment le sportif considère-t-il son corps ? Son corps = un outil qu'il façonne (exemple extrême : les culturistes) afin qu'il lui permette de réaliser des performances. C'est à dire qu'il considère son corps comme un objet. Cf. le discours sur le sport qui fait constamment référence au "mental" (paradoxal si on considère le corps comme premier dans l'activité sportive) : la volonté doit maîtriser le corps, le forcer à produire.
Considérer que nous sommes notre corps et que ce sont nos besoins physiologiques qui, dans une large mesure, conditionnent - ou devraient conditionner - notre pensée, c'est aller à l'opposé de l'idéologie sportive.

"Il y a une chose que - même si elle était considérée comme essentielle - aucun mouvement étudiant ou révolte urbaine ou mouvement de contestation global ou quoi que ce soit ne pourra jamais faire : occuper un terrain de football un dimanche. L'idée même en paraît ironique et absurde ; essayez de le dire en public et les gens riront de vous. Proposez le sérieusement et vous serez mis au ban comme provocateur. [...] une attaque sur un terrain de sport conduirait certainement au massacre des assaillants, sans discrimination, boucherie complète réalisée par des citoyens respectables révoltés par l'outrage."
Umberto Eco, traduit de Sports chatter, 1969.

"C'est précisement parce-que les classes dominantes étaient conscientes, pleinement ou de manière subliminale, du potentiel révolutionnaire de la sexualité qu'elles ont insisté sur une éthique sexuelle puritaine voire manichéenne. En même temps elles ont conçu d'intelligentes gratifications de substitution, qui canalisent les énergies sexuelles vers des buts inoffensifs telles que les sports ou les divertissements populaires."
Herbert Marcuse in "Zur Kritik des Hedonismus".

Le sport tire ses origines dans les casernes de l'antiquité (entraînement guerrier). Ses valeurs principales - compétition, performance - sont parfaitement en phase avec l'idéologie capitaliste.

Le sport moderne est aussi à mettre en rapport avec l'exercice d'un travail non physique. Aussi commence-t-il dans les classes dominantes au XIXème siècle. La pratique sportive contemporaine s'inscrit aussi dans une logique de modelage du corps (en lien avec l'artificialisation du corps).

Il convient de distinguer le sport et l'exercice physique, ce dernier pouvant se définir comme une activité physique hors de toute logique marchande.

Lire aussi "Football et psychologie de masse" de Fabien Ollier et la revue de critique radicale Quel sport ?

Lire aussi Sport et esthétique nazie aujourd'hui (à propos du calendrier Les dieux du stade).

Lire aussi Sport et sexualité : le stade de la programmation, article de Fabien Ollier dans la revue Mortibus n°3

Biblio : Jean-Marie Brohm, Fabien Ollier, Patrick Vassort. Liste d'ouvrages de sciences humaines traitant du sport.
S ur le massacre de la place des trois cultures à Mexico : Le Cri (El Grito) documentaire de Leobardo Lopez Aretche, 1968 ; Aube rouge (Rojo amanecer) de Jorge Fons, 1989 ; Ni olvido, ni perdon documentaire de Richard Dindo, 2003
Lien : Boycoot des J.O. de Pékin (pétition en ligne) : www.cobop.net

Nudité, naturisme et nudisme

(lien depuis révisionnisme ; depuis FAQ#critères de progressisme)

L'historique : révisionnisme et pudibonderie

(réf H.P.Duerr, Nudité et pudeur, le mythe du processus de civilisation)

La nudité est un tabou depuis la fin du Moyen-Age (XIIIème siècle, début de l'inquisition ?). Elle l'a été tout particulièrement au XIXème siècle (qui voit le triomphe de la pudibonderie bourgeoise). Mai 1968 n'a pas réussi à briser l'étau pudibond, à peine à le dessérer !
On oublie que pendant l'antiquité et le Moyen-Age, les gens vivaient souvent nus. (Ex : gymnastes grecs nus, guerriers gaulois nus, au Moyen-Age les gens qui se rendaient au bain public marchaient nus dans les rues, les gens se baignaient nus dans les rivières...). De même en matière d'art, les oeuvres érotiques, qui ont abondées de tout temps, sont éliminées des histoires de l'art et des musées. Il s'agit là d'un véritable révisionnisme.
A quand remonte l'invention du maillot de bain (le fait de devoir se baigner habillé) ?

Au début du XXème est apparu le mouvement dit "naturiste", avec des justifications hygiènistes (se soigner par l'exposition au soleil : héliothérapie). Naturellement toute sexualité en est bannie. Les normes prohibent même de se toucher quand on est nu.
Si bien que ce nudisme ne constitue en rien une libération du corps et de la sexualité. (Ce que Wilhelm Reich avait observé en Scandinavie dans les années 1930 et qui lui avait valu de solides haines / manifestations de la peste émotionnelle).

Il faut toutefois mettre à part l'éphemère mouvement naturiste libertaire qui voyait dans la dénudation un geste révolutionnaire (réf E.Armand + liens).

Naturisme ou nudisme ?

Aujourd'hui le nudisme se pratique de deux façons bien distinctintes :

- le nudisme encadré (institutionnel = en France il faut même payer une taxe à la fédération nationale pour pouvoir le pratiquer !) et légal, se pratique dans des camps entourés de hauts murs (où l'on paye pour s'y installer), à l'abri des regard du monde extérieur. (Cet enfermement est du à l'illégalité de la nudité mais favorise aussi le commerce.) Les comportements y sont très codifiés (normalisés) et toute manifestation sensuelle y est prohibée. Les adeptes se désignent par le terme de "naturistes", alors même qu'il n'y a chez eux rien de naturel (et surtout pas la pilosité qui se doit - pudibonderie oblige - d'être taillée au cordeau sinon totalement éliminée (de plus en plus). En effet épilation = vêtement symbolique (réf J.D. Urbain : Sur la plage).
Ils taxent de "nudistes" (termes péjoratif) ceux qui ne se conforment pas aux normes (les "voyeurs", etc.) et ceux qui pratiquent en dehors des camps.

Aux dernières nouvelles, la Fédération Française de Naturisme (FFN) semble évoluer : ainsi l'achat de la licence n'est plus obligatoire pour l'accès aux lieux naturistes et elle semble vouloir se rapprocher de l'APNEL sur les revendications de dépénalisation de la "nudité non sexuelle" (Cf. plus bas). L'univers pornographique du Cap d'Agde nécessite de la part des institutions naturistes un discours qui s'en démarque. Néanmoins, sans nuances, ce discours dissocie complètement nudité et sexualité. S'il peut se justifier face à des médias généralement incapables de faire saisir les nuances - et face à une administration frileuse - ce discours ajoute néanmoins de l'eau au moulin de ceux qui assimilent sexualité et pornographie : pudibonds (par idéologie) et porno-business (par intérêt financier).

- le nudisme "sauvage", s'est toujours pratiqué (il n'a pas attendu le mouvement "naturiste" pour exister). Il est illégal, donc nécessite de se cacher, de trouver des endroits isolés. Il ne s'embarasse de normes répressives. Ici chacun est libre de faire ce qu'il veut. Ce nudisme est évidemment beaucoup plus "naturel" que le nudisme parqué dans des camps.

Source de l'image http://www.fkk-museum.de/seite359.html

Cf. aussi la discussion concernant le naturisme et l'épilation sur notre forum.

Légalité, intolérance et revendications

L'association pour la promotion du naturisme en liberté (APNEL) revendique le droit de vivre nu. Mais il s'agit d'une revendication restrictive car s'appuyant sur le fait de considérér la nudité comme non sexuelle. Une société véritablement libre doit accepter que les gens puissent se livrer à toute activité sexuelle (non violente) en tout lieu. Les enfants ne sont choqués par la sexualité qu'à partir du moment où ils ont intériorisé la répression sexuelle. Seuls les pudibons sont choqués : ils sont atteint de la peste émotionnelle, une pathologie à soigner. Faut-il restreindre des libertés fondamentales au prétexte que des malades prétendent qu'on leur manquerait de respect ? Dans ce cas les femmes devraient toutes sortir en Burqa car sinon elles manquent de respect aux intégristes. Et il devrait être interdit de se toucher en public (c'est du reste le cas au Maroc : un homme et une femme ne peuvent se promener main dans la main - à moins de produire un certificat de mariage au policier qui ne manquera pas de les interpeller !). Lire sur Wikipedia "public display of affection"; "public nudity"; "public indecency".

La loi : le nouveau code pénal (date 1993 ?) abandonne le concept de "outrage à la pudeur" au profit de "exhibition sexuelle" (article 222-32 (lien légifrance)). Et toute nudité est toujours considérée comme telle ! (une circulaire précise néanmoins de ne pas appliquer l'article dans les lieux où la nudité est explicitement autorisée (c'est à dire les lieux naturistes, pour la plupart commerciaux - cf. plus haut "nudisme encadré"). (Plus de précisions sur le site juridique naturisme et droit) En définitive, la nudité n'est tolérée que dans la mesure ou elle s'inscrit dans un rapport marchand, permettant de générer du profit.
Cette transformation des textes de loi masque en fait une régression inquiétante : la loi ne se défini plus explicitement par rapport à des normes sociales (la pudeur) mais elle pathologise la déviance : en effet le concept "d'exhibition" réfère à une perversion sexuelle. Remarque : s'embrasser sur la bouche en public, n'est-ce pas une "exhibition sexuelle" ? Attention à vous les amoureux...

Autre exemple où le mot "respect" vient masquer l'intolérance (voir la langue du l'idéologie néo-libérale : la LQR) :
Il est courant chez nous d'entendre (ou de lire sur des forums) des hommes se plaindre des femmes qui sont seins nus à la plage lorsque ces seins ne correspondent pas aux normes de beauté en vigueur. Ces femmes leur manquerait de respect en leur imposant la vue de leur seins "moches". C'est là une attitude intolérante et discriminatoire : est-ce aux voyeurs de décider qui a la liberté de vivre nu ?
De plus il existe une discrimination sexiste : là où les hommes peuvent se montrer torse nu, il est rare que les femmes le puisse (ex : les piscines). En Amérique du Nord et en Scandinavie notamment existent des associations féministes qui luttent contre cette discrimination (par exemple : www.tera.ca + Wikipedia "Topfreedom"). Certains états ou municipalité ont reconnu le droit d'être torse nu en public (Ontario, Barcelone - à vérifier).

Autour de l'été sans épilation et de la marchandisation du corps :

-Un peu d'humour.

"COCHONNET QUI S'EN DÉDIT...
Il n'y a pas que le foot dans la vie, il y a aussi la pétanque, qui a son Mondial, disputé ces jours-ci à Marseille. Ex-championne de France, arbitre officiel, Sylvette Innocenti déplore une conjoncture maussade (« Le Journal du dimanche », 2/7) : « Le nombre de jeunes est en baisse constante. C'est grave. Il y a une option pétanque au bac, mais elle reste rare, quarante élèves au plus. » Quant à Josiane Galland, autre figure féminine de la pétanque française, elle estime qu'il faudrait relooker les joueurs : « On voudrait couvrir le haut des bras, pour qu'on ne voit plus tous leurs poils sous les aisselles. »
Je tire, je pointe ou je rase ?"
Source : Le Canard Enchainé, 5 juillet 2006, page 5.

-L'invasion des clones de poupées Barbies® : siliconées, botoxées, épilées, peintes, désodorisées, décérébrées...
-Une page regroupant des oeuvres picturales avec des femmes à poils.

-"Laisser parler vos odeurs corporelles". Halte à la désorisation qui supprime la communication émotionnelle et sexuelle.

Psychopathologie de la vie sociale

Notre société, vivant sous le régime de l'idéologie de l'individualisme libéral, se caractérise par des cohortes de dominés voulant sauver la face (paraître libres). Jusqu'où sont-ils dupes de leur état de dominés ? Les malades, en proie à la peste émotionnelle, haïssent du plus profond de leur être les hommes véritablement libres. Cette haine ne provient-elle pas aussi d'une conscience confuse de leur propre état de soumission et de médiocrité ? Le névrosé cherche à se libérer de ses entraves, le pestiféré au contraire aimerait réduire tout le monde à son propre état.

réf : The Corporation de Mark Ashbar & Jennifer Abbott, 2003 : un film montrant que les sociétés transnationales considérées comme des individus, ont des comportements qui remplissent tous les critères de la psychologie clinique (DSM IV) permettant de diagnostiquer un cas psychotique.

Psychopathologie du militant

Si beaucoup de militants rejettent tout ce qui commence par "psy" ce n'est pas toujours pour de bonnes raisons.

Certes il y a des psychanalystes bourgeois et des "psycho-flics". Il ne faut pas pour autant se priver des outils et connaissances de la psychologie. Les tenants de l'ordre dominant on su en tirer parti - y compris en favorisant une recherche scientifique et un enseignement souvent marqué par l'idéologie dominante -, ceux qui s'y opposent ne peuvent en faire l'économie sans se retrouver en infériorité.

Mais le problème de bien des militants c'est qu'ils ne sont pas au clair avec les raisons pour lesquelles ils militent. Beaucoup de militants se lancent dans le combat politique pour résoudre leurs problèmes psychiques, sans en avoir conscience. Or il serait plus sain que le combat politique soit mené par des gens qui ont au préalable résolus l'essentiel de leurs problèmes ou au moins qui en soient conscient de façon à éviter d'agir de façon irrationnelle. Bien des conflits au seins des organisations sont liés à des luttes de pouvoir ou des relations viciées par des pulsions inconscientes.

De plus le souci de l'image sociale, très général chez l'individu des "démocraties" libérales, est un frein très important à l'action politique. La peur de perdre la face entraîne le conformisme et les compromissions. En effet il empêche de s'élever contre les positions consensuelles (normatives) au sein du groupe militant de peur d'être perçu comme déviant, de donner une mauvaise image de soi.
Pour être efficace, un militant doit avant tout être modeste, accepter d'avoir une mauvaise image sociale. La récompense du militant ne doit pas être la reconnaissance sociale (ou le statut) mais uniquement le succès de ses objectifs. C'est ce qui distingue fondamentalement le vrai militant politique du politicien.

Nous présentons ici quelques thèmes que nous envisageons de traiter ou de développer dans les mois à venir. Les textes ne sont pas finalisés et les références ne sont pas données.


Mouvement International pour une Ecologie Libidinale (M.I.E.L.) - www.ecologielibidinale.org - Dernière mise à jour le 31 août, 2009