Le SIDA, fer de lance de l'ordre moral

Interrogeons-nous sur l'origine de l'épidémie de SIDA.

Selon la version officielle (la plus communément reprise dans les médias), le virus HIV (agent infectieux du SIDA) serait à l'origine un virus spécifique des singes, qui aurait subi une mutation lui permettant de se transmettre à l'homme. Cette première transmission, du singe vers l'homme, aurait eu lieu en Afrique. Cette contamination serait due aux pratiques de chasse et de consommation de viande de singe. Un Africain (ou un Haïtien) ainsi contaminé, voyageant aux Etats-Unis d'Amérique y aurait à son tour contaminé la communauté homosexuelle. Le virus se serait ensuite propagé rapidement dans cette communauté en raison des pratiques sexuelles multipartenariales qui y sont courantes. Puis le virus s'est transmis aux drogués, du fait des échanges de seringues.
Cette hypothèse fait porter la responsabilité sur les pratiques des "sauvages noirs" et le hasard.

Cette hypothèse n'explique pas pourquoi une contamination massive a eu lieu au début des années 1980.
Selon certains les contaminations du singe à l'homme existeraient depuis longtemps, mais ce n'est qu'à l'époque contemporaine que cela aurait pris un caractère épidémique en raison de conditions de vie dégradées (surpopulation, environnement dégradé, polluants chimiques, populations fragilisées par les guerres et les famines...) et de la plus grande mobilité des personnes ainsi que de l'évolution des pratiques sexuelles.
Cette hypothèse fait porter la responsabilité sur des co-facteurs socio-environnementaux.

Une hypothèse alternative fait état de campagnes de vaccination ayant été menées en Afrique centrale à l'aide de souches virales cultivées sur un substrat (reins de singes) contaminé par le virus cancérigène SV40 du singe. L'hypothèse de Edward Hooper porte sur l'administration massive d'un vaccin oral contre la polio (OPV) à la fin des années 1950 au Congo Belge. Elle est notamment exposée dans le film documentaire Les origines du Sida / Origins of AIDS de Peter Chappell et Catherine Peix (visible sur Internet). D'autres auteurs pointent des campagnes de vaccination plus récentes (variole). Les populations pauvres du Tiers Monde sont régulièrement utilisées comme cobayes pour de nouveaux vaccins ou médicaments.
Cette hypothèse fait porter la responsabilité sur le comportement irresponsable de certaines organisations médicales. Ce type de responsabilité a été établi dans d''autres affaires contemporaines ou ultérieures comme celle de l'hormone de croissance (en France), du "sang contaminé" (en France) ou celle de la "vache folle" (alimentation du bétail par des farines animales).

Pour plus de détails et de liens se reporter par exemple à la page "Origine du Sida" sur Wikipedia. Le site de E.Hooper : http://www.aidsorigins.com

Il existe toutefois une autre hypothèse, à laquelle on arrive assez rapidement en se posant la question basique de tout enquêteur : "à qui cette pandémie profite-t-elle ?".

Au début de l'épidémie, en raison des populations concernées (homosexuels, drogués) nous avons entendu des voix se réjouir bruyamment : celles des intégristes puritains réactionnaires qui voient là un chatiment divin s'abattant sur les "sodomites" et autres dégénérés.

Une épidémie qui tombe à pic

L'épidémie de SIDA se produit en effet à un moment bien particulier de l'histoire : juste après la libération sexuelle des années 1960/70, qui voient en particulier l'émancipation sexuelle des femmes (notamment grâce à la pilule contraceptive) et des homosexuels, et la large diffusion des drogues (psychédéliques d'abord puis drogues "dures" lorsque le rêve d'un monde de paix et d'amour se dissipe). Or rien n'est plus détestable pour les pudibonds réactionnaires, frappés de peste émotionnelle, que le sexe (surtout homosexuel) et les drogues.

L'épidémie se déclanche donc à point nommé pour renverser la tendance et permettre de restaurer l'ordre moral, en éliminant les indésirables et en faisant planer la peur sur les relations sexuelles "illégitimes". C'est bien la fidélité (sexuelle) dans le couple et la virginité avant mariage qui sont présentés par les puritains comme les seules façons de se prémunir contre le fléau. Dans le même temps ceux-ci se battent avec acharnement contre l'usage du préservatif (cf. notamment la position radicale des papes successifs sur ces questions). La virginité avant mariage, complétement tombée en désuétude dans les sociétés occidentales dans les années 1960, est justement en train de refaire un retour en force aux Etats-Unis, en parallèle avec le renforcement sans précédent des mouvements puritains intégristes réactionnaires (les évangéliques, qui prônent de nouvelles "guerres saintes" - voir par ex. le film Jesus camp de H.Ewing & R.Grady, 2006).

Des précédents

Les pratiques eugénistes (lutte contre la "dégénérescence" de la race) ont été mises en oeuvre légalement aux Etats-Unis dès 1907 : au total 33 états ont adoptés des lois autorisant la stérilisation forcée des "faibles d'esprit" (cela ne concernait en pratique que des pauvres) et des criminels (les scientifiques pensaient que la criminalité était héréditaire). Ces pratiques sont progressivement tombés en désuétude après la seconde guerre mondiale, persistant néanmoins jusqu'au milieu des années 1970. On estime à 60 000 le nombre de personnes stérilisées sous ces lois. Voir par exemple : www.eugenicsarchive.org

Les dirigeants des Etats-Unis étaient préoccupés dans les années 1960/70 par la démographie, c'est à dire la fertilité plus importante des populations de couleur par rapport à la population blanche, aussi bien aux Etats-Unis qu'à l'échelle mondiale.
Ainsi un programme de génocide ("contrôle de la démographie") des Indiens des Amériques(1) fut conçu et connu une mise en oeuvre très significative. Des maternités et dispensaires installés à proximité de tribus indigènes offraient à ceux-ci leurs services : médication, accouchement médicalisé. A l'occasion de leur passage les femmes étaient stérilisées à leur insu. Le calcul était que de cette façon, en quelques décennies les populations indigènes disparaîtraient (voir par ex : Le sang du condor de Jorge Sanjines, 1969). Aux Etats-Unis ces opérations étaient conduites par le U.S. Indian Health Service. Dans de nombreux pays d'Amérique latine les femmes indigènes et "latino" ont été de même victimes de ces campagnes de stérilisation massives. Voir par exemple : www.libertadlatina.org/Crisis_Forced_Sterilization.htm

Par ailleurs, afin de venir à bout du mouvement d'émancipation des noirs, le FBI ne se contenta pas d'assassiner ses leaders (Martin Luther King, Malcolm X, plusieurs leaders des Black Panthers ...). C'est en introduisant l'héroïne dans les ghettos noirs (après l'avoir peut-être déjà fait chez les hippies de Haight-Ashbury) et en s'appuyant sur les dealers que le gouvernement réussit à déstructurer durablement le mouvement (voir par ex. Panther de Mario Van Peebles, 1995). Par la suite l'héroïne sortit des ghettos noirs et se répandit dans la population blanche : cette conséquence prévisible n'avait pas arrêté les promoteurs de ce projet de "lutte anti-subversion".

Ainsi, dans les années 1950/60/70, les services secrets gouvernementaux des Etats-Unis n'ont pas hésité à mettre en oeuvre des méthodes dignes des Nazis (avec parfois le concours direct des anciens Nazis allemands ou japonais récupérés après la guerre - opération Paperclip) pour imposer leur ordre. Les opérations du FBI contre les opposants aux Etats-Unis (notamment noirs, féministes, opposants à la guerre du Vietnam...) sont connus sont le nom de programme COINTELPRO.

D'une façon plus générale nous savons que les sociétés capitalistes suscitent des hécatombes dès lors qu'elles sont menacées par des mouvements d'émancipation populaires : voir à ce sujet notre texte les guerres mondiales contre le peuple.

L'idée de contenir l'expansion démographique des "races inférieures" grâce à des épidémies ciblées était déjà présente dans le discours eugéniste du début du XXème siècle.

Etant donné ces précédents, il devient plausible que le virus HIV (qu'il ait été créé par manipulation génétique, isolé par des recherches ou découvert par hasard) ait été délibéremment inoculé à un certain nombre d'homosexuels et d'Africains.

Des faits qui concordent

Or il se trouve justement que deux campagnes de vaccination contre l'hépatite B ont été réalisées aux Etats-Unis sur des volontaires, recrutés spécifiquement dans la communauté homosexuelle, en 1978 (à Manhattan) et 1980 (dans d'autres grandes villes du pays). Dans la population même où va se déclencher, quelques mois après, l'épidémie de Sida aux Etats-Unis. Dans les quelques années qui ont suivi, toutes les personnes qui ont été ainsi vaccinées sont semble-t-il décédées du Sida.
En Afrique les zones où l'épidémie s'est d'abord développée (à partir de 1982 selon le professeur Luc Montagnier) correspondraient aux zones de campagnes de vaccination anti-variolique effectuée à cette époque par l'O.M.S.
Il a par ailleurs été mis en évidence que les services secrets et militaires des Etats-Unis ont longtemps mené un programme d'étude sur les armes bactériologiques, et particulièrement sur les virus susceptibles de causer des cancers : le "Special Virus Cancer Program".

L'hypothèse d'une inoculation volontaire, d'un virus issus des laboratoires de recherche, est soutenu par un certain nombres de chercheurs parmi lesquels :
- Alan Cantwell (un article très clair : www.biblebelievers.org.au/46a.htm ; une interview qui fait le tour des différent apports à cette théorie : www.rense.com/general75/mmo.htm ; une page d'articles : www.whale.to/c/cantwell_alan.html) ;
- Robert Strecker ( www.umoja-research.com/strecker_memorandum.htm ; la vidéo en ligne : aidseugenics.blogspot.com/2008/01/stecker-video.html) ;
- Boyd E. Graves (son site : www.boydgraves.com)
Pour plus de détails et de liens se reporter aussi à la page "AIDS conspiracy theories" sur Wikipedia (en).
Une page de synthèse en français : www.geocities.com/RainForest/3719/afrikaids.html

Un imaginaire déjà vu

Si l'on considère cette hypothèse, la version officielle doit être considérée comme une invention. Intéressons nous alors à l'imaginaire que l'on y trouve.
Les mouvements puritains réactionnaires sont créationnistes, c'est à dire qu'ils croient que l'homme a été créé par Dieu et descend d'Adam et Eve (aujourd'hui plus de 50% des Etats-Uniens se disent créationnistes). L'idée de faire passer le virus qui frappe les "dégénérés" du singe à l'homme serait un pied de nez à Darwin (la théorie de l'évolution vulgarisée selon l'adage "l'homme descend du singe"). De plus c'est à un "nègre" que le virus se transmet depuis le singe. Or dans les théories racistes qui ont fait florès en particulier au Etats-Unis au XIXème et au début du XXème siècle, le noir est considéré comme plus proche du singe que le blanc (dit "caucasien"). (Cf. le livre La mal-mesure de l'homme de Stephen J. Gould, 1981-96). De façon générale, la version officielle fait porter la responsabilité de l'apparition du virus et de sa transmission aux étrangers et plus particulièrement aux noirs africains et haïtiens. Par ailleurs l'idée d'un fléau de Dieu qui frappe les homosexuels est issue de la bible (épisode de "Sodome et Gomorrhe"), livre qui nourrit très largement l'imaginaire des Etats-Uniens.

Théorie du complot ?

Il est fort mal vu de nos jours d'avancer des hypothèses faisant état de crimes d'Etat ou de manoeuvres préméditées et planifiées par des groupes dominants. Cela se voit taxer du vocable péjoratif de "théorie du complot". Il est vrai qu'il circule beaucoup de rumeurs paranoïaques ou de faux complots(2) (provocations) montés de toutes pièces pour susciter la haine de l'adversaire (ex : Le protocole des sages de Sion). Cela n'empèche pas qu'il existe aussi de véritables machinations et stratégies de prise de pouvoir, de domination et de génocide. Refuser d'examiner les hypothèses portant sur des agissements criminels des dominants sous prétexte qu'il s'agit d'une "théorie du complot" c'est forcément se rendre aveugle à un certain nombre de réalités. Et cela a pour fonction d'éviter de mettre en question les agissements des dominants(3).

 

Alors, virus qui-descend-du-singe par hasard ? fléau de Dieu ? négligence criminelle des organisations de santé ? arme biologique de destruction massive ?
Les informations scientifiques sont fortement contradictoires et il n'y a pas de raison d'attribuer plus de crédit aux versions officielles médiatisées qu'à celles qui les contredisent (et qui sont passées sous silence par les médias dominants).
Ce qui est certain en tout cas c'est que l'épidémie de SIDA est venue à point nommé pour briser la libération sexuelle et aider à la restauration de l'ordre moral puritain réactionnaire.

 

(1) Déjà au XIXème siècle, des méthodes de guerre bactériologiques et chimiques avaient été utilisées pour exterminer les Indiens d'Amérique du Nord : les colons qui commerçaient avec les Indiens leur donnaient parfois en échange des couvertures contaminées par la variole ou le choléra. Par ailleurs, à une grande échelle, les colons fournirent aux Indiens de l'alcool (le plus souvent frelaté) qui finit d'anéantir les communautés indigènes qui n'avaient pas été massacrées.

(2)Le fait de fabriquer un faux complot est en soi un complot (ex : Le protocole des sages de Sion est un complot tzariste). Donc dès lors que l'on admet qu'il existe de faux complots, on doit par là même admettre qu'il existe de vrais complots !

(3)La "théorie du complot" dans son acception péjorative a été popularisée en France par certains intellectuels médiatiques : les "chiens de garde" du pouvoir (selon l'expression de Paul Nisan)


Mouvement International pour une Ecologie Libidinale (M.I.E.L.) - www.ecologielibidinale.org - Dernière mise à jour le 31 août, 2009