L'épilation sous les bras* (ESB)

*ce concept s'applique aussi à l'épilation des jambes, des bras, du pubis, etc...

page réalisée avec le concours du MP1PM

La résistance s'organise avec un évènement annuel : L'été sans épilation, lancement le 21 juin

Si on essaye de comprendre le pourquoi de l'ESB (Épilation Sous les Bras [à ne pas confondre avec encéphalite spongiforme bovine]), on peut trouver un certain nombre d'arguments, ou plus exactement de mobiles (car il s'agit tout compte fait d'une forme de mutilation), tous fallacieux.

Tentative de classification des arguments pro-épilateurs

1. L'argument hygiénique :

Certains disent que des aisselles poilues puent. Alors, il faut en conclure que les hommes qui ne s'épilent pas encore puent. De plus c'est la peau qui produit sueur et odeur, et non ces malheureux poils. Pour supprimer les odeurs enlever les poils n'est pas suffisant : il faut utiliser un déodorant.

Au contraire le rôle des poils est justement de contrôler la sudation. La suppression des odeurs corporelles et de l'émission de phéromones qui résulte de l'épilation (et aussi de l'usage des déodorants et parfums) supprime la communication émotionnelle ce qui entraîne des conséquences néfastes sur les relations. De plus la disparition des poils sur les membres diminue la sensibilité au toucher et la sensualité des caresses. En savoir plus sur les inconvénients de l'épilation sur le site Affection.

Ici la norme de l'épilation se combine avec la norme de désodorisation qui veut que toute odeur corporelle soit nécessairement une "mauvaise" odeur. Norme qui va dans le sens de l'aseptisation et de la désensualisation de notre société.

La réalité de ce mensonge apparaît d'emblée lorsque l'on comprend que l'épilation n'a finalement aucune autre finalité que de vendre des produits dépilatoires auxquels il faudra rajouter des produits anti-odeurs et anti-sueurs outre des produits apaisants après-rasage ou post-épilatoire. Triple et même quadruple bonus pour les actionnaires des grosses boîtes capitalistes spécialisées.
Lorsque l'on prend conscience que l'épilation n'est pas une mode, mais bien un marché ; qui s'étend de plus en plus depuis 50 ans (en Europe) et surtout depuis 10  à 15 ans ; qui touche maintenant une majorité écrasante de la tranche d'âge 15-25 ; et qui vise à terme une population de 3 milliards de femmes. Là, on ne rigole plus.
D'autant moins qu'il semble que l'usage de cosmétiques combiné à l'épilation joue un rôle dans la formation du cancer du sein.

L'argument hygiénique se généralise maintenant aux hommes depuis que les marchants de cosmétique ont découvert qu'ils représentaient un nouveau et énorme marché à conquérir. Sous leur pression normative on en arrive à lire dans certains discours pseudo-féministes que "puisque les femmes s'épilent il n'y a pas de raison que les hommes n'en fassent pas autant". Tous aliénés, c'est ça l'égalité des sexes version capitaliste !

2. L'argument esthétique :

Certains disent que des aisselles poilues sont inesthétiques. Ah bon ! Depuis quand ?
Les critères de beauté ne cessent de changer en fonction des époques et des cultures, ils sont donc totalement relatifs.
Pourquoi les poils sous les aisselles des femmes (et sur les jambes, les bras...) seraient-ils moches aujourd'hui alors qu'ils ne l'étaient pas il y a vingt ans ? Comment et pourquoi cette idée s'est-elle répandue dans la population ?

De fait il s'agit d'un véritable conditionnement, un bourrage de crâne. Cette idée est martelée, explicitement ou non, par les médias : magazines féminins, publicité, cinéma (pornographique ou non), etc... Le conditionnement du désir et de la beauté passe pour l'essentiel par une "exposition sélective" : les jeunes ne sont plus exposés qu'à des images de femmes épilées, les poils ayant été bannis de toute image diffusée vers le grand public.

3. La pression psychologique :

L'aspect psychologique est déterminé par le regard des autres, accusateur, inquisiteur, qui oblige tout un chacun à faire comme tout le monde. La preuve de cette logique de mouton, de ce suivisme, est que beaucoup de femmes ne s'épilent qu'en été, et beaucoup de celles qui ne le font pas, cachent honteusement leurs poils. Cela révèle assez bien l'ampleur du tabou qu'il faut absolument abattre et l'énorme travail de déculpabilisation à accomplir.
Or, il est indéniable que les poils sous les bras sont un élément de la personnalité au même titre que la chevelure. Leurs diversités et variétés sont aussi nombreuses que pour les cheveux. Leurs suppression sont révélatrice de la volonté d'uniformisation de la mondialisation.

Selon le MP1PM, Suivisme et Uniformisation sont les 2 bracelets de menotte de notre esclavage.

Marx et Marcuse ont démontré depuis longtemps que ce qui caractérise les esclaves, depuis la suppression officielle de 1848, c'est justement l'ignorance des intéressés de leur état.

4. La pression sociale et professionnelle :

"L' ESB est nécessaire a ma promotion sociale et à ma carrière professionnelle" : pour celles-là, on ne peut rien faire ! "Parce que mon patron me le demande" : pour celles-ci, il faudra envisager de protéger juridiquement nos amies et poursuivre les patrons en justice pour "harcèlement sexuel et discrimination sexiste" car si pour les hommes, on peut virer le costard-cravate à la sortie du bureau, difficile pour les femmes de remettre les poils.

Origine historique, religieuse et patriarcale

L'ESB est probablement d'origine égyptienne pharaonique vers 3 000 av-JC. C'est vers cette date qu'est inventée la guerre (par les cavaliers nomades aryens descendant des steppes d'Asie centrale et pour s'en défendre apparaît à ce moment les fortifications autour des villes). Ceci eu pour résultat l'émergence de la première classe dominante exclusivement masculine : celle des guerriers.
Conséquence : transformation de la classe non dominante et mixte des chamans en une seconde classe dominante exclusivement masculine : celle des prêtres.
Face aux barbares poilus, le poil est prohibé comme on peut le voir sur les fresques égyptiennes. Même les prêtres se rasent le crâne. En Mésopotamie, il n'en est rien comme l'illustre les bas-reliefs assyriens, babyloniens et perses . Ne parlons même pas des hittites qui sont aryens comme les perses.
C'est donc certainement à Moïse ("Prince d'Egypte" qui a emprunté beaucoup de choses à l'Egypte dont le dieu unique lui-même emprunté par les égyptiens aux nubiens) que l'on doit d'avoir exporté cette mode vers l'Est, et d'être ainsi à l'origine de cette tradition juive et musulmane.
Aujourd'hui, c'est en plus devenu un marché capitaliste repris par la troisième classe dominante (la haute bourgeoisie, qui supplanta même la première et se subordonna la deuxième) devenue la principale et super-classe dominante.
Selon MP1PM, depuis 1992, les femmes épilées sont devenues ultra-majoritaires en France.

Notons aussi que dans les pays musulmans, l'épilation complète des femmes est souvent imposée : il s'agit ici de bien marquer la différence des sexes (les hommes ayant eux droit au poil au moins au menton !). Cette horreur de la confusion des genres est un trait commun aux religions monothéistes.

Cela nous fait donc deux bonnes raisons de combattre l'ESB puisque la religion (opium du peuple) et le capitalisme sous-tendent le patriarcat autoritaire.

Voir aussi un historique sur le site coupleonline.net


Photo de mode de R.D.A. (années 1980)


Couverture de l'ouvrage de Clovis Prévost, Parcours à travers l'œuvre de Clovis Trouille 1889 - 1975, Actes Sud - Édition Bernard Légier

Clovis Trouille, Le Magicien (clicker pour agrandir)


Woodstock, 1969

Quelques personnalités ne pratiquant pas l'ESB

Musique


Nina Hagen

 Photos dans notre galerie consacrée aux chanteuses non épilées.

Lire une mise en parallèle des mouvements musicaux et de l'évolution sociale et pileuse, sur le site du MP1PM.

  • Catherine Ringer : de Rita Mitsouko, jamais épilée depuis toujours
  • Patti Smith (et l'arbore ostensiblement sur la pochette de l'album "Easter")
  • Peaches : de son vrai nom Merrill Nisker, canadienne anglophone, underground electro, hyper-provo (viens de s'épiler récemment, hélas)
  • Coors : clip de "Would you be happier" mais les poils sont postiches et c'est pour s'en moquer. A prendre au second degré
  • Grunge : courant musical post-hippie sur la côte Nord-Ouest des États-Unis centré sur Seattle, mais aussi Portland et Vancouver, développé par Nirvana et Kurt Cobain où l'ESB est totalement prohibé
  • Sonic Youth : le groupe de Kim Gordon, elle-même non épilée bien sur, qui a parrainé Nirvana à leurs débuts.
  • Agnetha : la blonde du célèbre groupe suédois ABBA. (groupe qui a inventé les clips, a été le 1er groupe blanc à faire du disco et a été le 1er a déposé leur nom comme marque commerciale)
  • Nina Hagen, la célèbre rockeuse punk est-allemande.
  • Amanda Palmer : La rousse et talentueuse pianiste-chanteuse du duo des Dresden Dolls ; groupe, qui plus est jeune et récent, de Boston.
  • et d'autres à découvrir dans notre galerie

Cinéma


Kate Winslet dans Holy Smoke, 1999.

 Autres photos dans notre galerie consacrée aux actrices non épilées.

 

  • Marie Trintignant - lien vers le site de MP1PM - (dans ses premiers films) dont la tragique disparition, victime du patriarcat autoritaire, illustre parfaitement le bien fondé de notre lutte
  • Laetitia Casta (dans Le grand appartement)
  • Béatrice Dalle (dans 37,2°C le matin)
  • Sandrine Bonnaire (dans Sans toit ni loi)
  • Dominique Blanc (dans ses premiers films et superbement poilue, quel dommage d'avoir rasé cela)
  • Victoria Abril (dans ses premiers films - période Almodovar - et superbement poilue, quel dommage d'avoir rasé cela)
  • Sophia Loren (au tout début de sa carrière)
  • Pénélope Cruz ( et oui !  Dans Capitaine Corelli)
  • Elisabeth Jagger
  • Bernadette Lafont (dans La fiancée du pirate)
  • Sylvana Mangano (dans Riz amer).
  • Dephine Seyrig (dans Jeanne Dielman)
  • Lea Massari (dans ses débuts italiens)
  • et d'autres à découvrir dans notre galerie

Concernant cette rubrique des femmes qui ne s’épilent pas au cinéma, citons le site aisselles.canalblog.com qui les répertorie presque toutes dont de véritables raretés.
La quasi totalité des quelques photos d’actrices que nous reproduisons lui sont empruntées. Ce remarquable cinéphile a notamment découvert que c'est la MPAA (commission de censure américaine) qui a interdit dans un code, dès les débuts du cinéma, fin XIXème, de montrer des aisselles poilues dans les films, ces poils étant assimilés aux poils pubiens. C’est la raison pour laquelle les actrices non épilées sont si peu nombreuses outre-atlantique.
Rappelons que ce n’est qu’en 1953 avec Marilyn Monroe que l’on peut voir les seins (in N°1 de Playboy qui fit scandale - photo ci-contre) et que ce n’est que vers le milieu des seventies que le sexe est enfin montré.
Entre ces 2 dates, soit 20 ans, les photos et les films où les actrices apparaissent nues sont fait de telle manière que l’on ne voit pas les poils de pubis. Pour ce qui est des aisselles où il est plus difficile de masquer la pilosité, l’épilation et le rasage se sont imposés. C’est en grande partie grâce à ces 20 années (et à la loi) que l’industrie anti-poils a pu parfaire et imposer ses produits et ses discours toujours en vigueur aujourd’hui (malgré la quasi disparition des contraintes législatives).

Sports


Colette Besson


Steffi Graf

  • Presque toutes les athlètes féminines des pays de l'Est avant 1992. Citons en vrac, Heide Rosendahl, Marita Koch, Petra Falke, Ulrike Meyfarth et Heike Dreichler pour la RDA notamment. Depuis 1992 et la disparition de l’URSS ces sportives à qui l’on avait imposé (sans souvent qu’elles le sachent) les produits « masculinisant » des communistes, se jetèrent sur les produits soi-disant « féminisant » de l’Occident.
  • Mota Rosa, Portugal, Marathon.
  • Colette Besson, médaille d'or du 400m à Mexico en 1968.
    {C'est avec tristesse que nous apprenons sa disparition. Elle était pour nous doublement une icône. Non seulement parce qu'elle n'était pas épilée, mais aussi parce que sa victoire, quelques mois à peine après mai 68, incarnait les valeurs de libération de la femme de cette époque... si nécessaire de nouveau à la nôtre.}
  • Steffi Graf, Tennis.

Politique


Angela Merkel, 2006

  • Dominique Voynet : s'épile, ce qui n'est pas très écolo
  • Arlette Laguiller : on imagine assez bien qu'elle s'épile puisqu'elle éprouve le besoin de montrer un visage rajeunit sur ses affiches électorales ! Révolutionnaire ou guignol ?
  • Ingrid Bétancourt : ne s'épile plus depuis 4 ans, les FARK refusant de lui prêter un rasoir. On attends avec impatience sa libération pour voir çà.
  • Claudie Haigneré : lors de son premier vol sur Soyouz TM 24 (1996)
  • Angela Merkel, chef du gouvernement de la R.F.A.

Liste non exhaustive : à vous de nous en communiquer d'autres.

Nous aussi cherchons des modèles bénévoles à photographier pour illustrer ce site (intégrer notre galerie des résistantes anonymes) et montrer aux femmes qui subissent la pression épilatoire que l'on peut être belle et séduisante avec des poils. Pour ceux qui n'en sont pas convaincus, allez donc faire un tour par exemple sur ce site : www.hippiegoddess.com

Vous pouvez aussi nous faire part de votre expérience (nous publierons vos témoignages de façon anonyme).

Avertissement pour les jeunes filles qui ne se sont jamais épilées :

Ne commencez jamais car une fois qu'il ont étés coupés ou arrachés les poils ne repoussent pas aussi doux qu'à l'origine. Il suffit d'une fois pour produire un effet irréversible. Ensuite plus vous vous raserez (et épilerez) plus la repousse sera drue et irrégulière.

Autres articles sur le sujet

Voir une revue des publications scientifiques sur l'épilation :

Voir également publicité et marchandisation du corps.

Typologie des femmes par rapport à l'épilation : comment vous situez-vous (par le MP1PM) ?

L'ensemble des liens concernant l'épilation sont au bas de la page "été sans épilation" : rubrique en savoir plus.

Vers l'été sans épilation
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Mouvement International pour une Écologie Libidinale (MIEL) - www.ecologielibidinale.org - Dernière mise à jour le 12 oct. 2007