Que puis-je faire pour lutter contre les névroses
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Quels autres mouvements d'idées peuvent
avoir un rapport avec l'écologie libidinale ?
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L'introduction ce concept à pour but d'établir un lien entre d'une part la
psychanalyse politique, notamment telle que mise en oeuvre dans les théories
de Wilhelm Reich et Herbert Marcuse (courant dit "Freudo-Marxiste")
et d'autre part les réflexions écologistes, sociologiques et économiques
(critiques de la croissance) - issues des années 70 et reprises dans le mouvement
contemporain dit "alter-mondialiste
"
- les études d'anthropologie et de psychologie politique (étude des processus
idéologiques, critique de l'idéologie dominante, l'"individualisme libéral")
ainsi que la pensée libertaire.
Notre démarche s'inscrit dans une perspective de transformation sociale radicale.
C'est une écologie au sens où il est mis l'accent sur la continuité et l'interdépendance entre l'être humain et les autres systèmes vivants ou non vivants. Elle est libidinale au sens où l'énergie vitale universelle, correspond chez l'homme à l'énergie sexuelle (ou libido).
Pour en savoir plus, faites le tour du site !
Une idéologie est un système fondé sur un axiome de départ qui ne peut être remis en cause. Par exemple "Dieu existe" (toutes les religions sont des idéologies) ou "la loi du marché amène forcement à la prospérité" ou encore "la dictature du prolétariat est une étape nécessaire à l'instauration d'une société idéale"...
Nous espérons échapper à cette définition en ne posant pas de croyance
préalable ni de chemin tracé d'avance ni de modèle d'organisation sociale
prédéfini à atteindre. Nous nous basons sur l'observation des souffrances
humaines et de l'état de la planète pour justifier le besoin d'une
transformation sociale (voir notre préambule).
Nous nous appuyons sur les (maigres) connaissances qui existent sur le
fonctionnement de l'être humain. En dernière analyse nous retiendrons ce qui
nous paraîtra favorable à la vie.
Un être vivant s'épanoui lorsqu'il peut développer toutes ses potentialités et
ressentir du bien-être. Bien sur ce but n'est pas nécessairement poursuivi par
ceux qui croient en une vie après la mort...
C'est l'application de la psychanalyse à l'analyse des phénomènes de société. En effet les relations sociales et le modèle de société sont une résultante du psychisme des individus qui composent cette société. Ceux-ci sont en retour formés et "conditionnés" par le modèle social dominant.
Si la thérapie individuelle peut espérer soulager quelques patients, seule une approche psychanalytique globale de la société peut permettre d'espérer corriger les maux dont souffrent la quasi-totalité de ses membres.
Pour en savoir plus, nous vous recommandons l'ouvrage suivant (paru dans la
collection "Que sais-je ?") :
La Psychanalyse politique, de Roger Dadoun, P.U.F.,
Paris, 1995.
Voir aussi une sélection d'auteurs et de liens.
Reich (1897-1957) est un psychanalyste autrichien. Disciple de Freud, il mit
au point dans les années 20 à 30 "l'analyse caractérielle"
et explicita "la fonction de l'orgasme". Très vite il sut
tirer les conséquences politiques qu'impliquaient les apports de la psychanalyse
(voir répression sexuelle, exploitation
et fascisme). Il proposa une explication du passage d'un système social
communautaire au système capitaliste ("L'irruption de la morale sexuelle")
et tenta de diffuser ses idées (synthétisées dans "La révolution sexuelle")
auprès des masses ("La lutte sexuelle des jeunes") notamment
au sein du parti communiste, dont il fut exclus (de même qu'il fut exclu de
l'association internationale de psychanalyse) tant ses idées dérangeaient
les institutions.
Contraint à l'exil par l'arrivée au pouvoir des Nazis, il fini par s'installer
aux États-Unis. Il expliqua le succès des Nazis et la déconfiture du parti communiste
allemand ("Psychologie de masse du fascisme", idéologie qui
résulte de la "peste émotionnelle
")
ainsi que la faillite de la révolution bolchevique (ajout à "La révolution
sexuelle"). A la pathologie de la peste émotionnelle, il oppose
la notion "d'économie sexuelle", fondée sur l'autorégulation
des pulsions, et d'où découle l'activité créatrice
: la "démocratie
du travail".
Il livra un vigoureux pamphlet sur la société contemporaine ("Écoute
petit homme !") et poursuivi ses travaux sur l'énergie
vitale universelle
(qu'il baptisa "orgone"), tentant d'appliquer ses découvertes à la
cure du cancer et au contrôle de phénomènes météorologiques.
Arrêté par la Food & Drug Administration en raison de ses activités non-conformistes,
il mourut en prison dans des circonstances suspectes et ses livres furent brûlés
!
Un film évoque le personnage et l'œuvre de Wilhelm Reich :
W.R. les mystères de l'organisme, de Dusan Makavejev, 1971.
Pour aborder l'œuvre de Reich, nous vous recommandons l'ouvrage suivant :
Cent fleurs pour Wilhelm
Reich, de Roger Dadoun, Payot, Paris, 1975. (rééd. 1999).
Quelques unes des oeuvres majeures de Wilhelm Reich, traduites en français (rééditions) :
Voir aussi (pages externes) :
Reich est à l'origine de toutes les thérapies "psycho-corporelles"
En effet alors que la psychanalyse s'interdit tout contact corporel avec le
patient, Reich est le premier à briser ce tabou. S'étant rendu compte que les
conflits psychiques se cristallisent dans des structures corporelles, il
développe la première technique prenant en compte le corps : la végétothérapie.
Par la suite de nombreuses thérapies psycho-corporelles se développeront en
occident (analyse reichienne, bio-énérgie, anti-gymnastique, rebirth, cri primal, respiration
holotropique, etc.), elles sont aujourd'hui très répandues et font souvent le
lien avec les techniques énergétiques venues d'Orient.
Voir par exemple à ce sujet le dossier du Nouvel Observateur du 23-29
juin 2005 incluant un encadré sur Reich.
Reich est à l'origine de la sexologie moderne
Reich est le premier psychanalyste à s'intéresser à la sexualité de "l'homme de la rue" au lieu de rester fixé sur les cas pathologiques. En effet il avait compris que la répression généralisée de la sexualité touche toutes les classes sociales et a une importance politique essentielle. (Voir la définition de l'économie sexuelle).
Lors de son séjour en Scandinavie (1939-40) il met au point la technique et fait les premières expériences consistant à mesurer la conductivité électriques sur les muqueuses, en état d'excitation sexuelle ou non. Il est le premier scientifique moderne à décrire les différentes phases du rapport sexuel. Il publie ses résultats dans "La fonction de l'orgasme" (1945). Ce sont ces travaux que les célèbres Masters et Johnson systématiseront dans les années 50 et 60 (Ils publient leurs résultats en 1966 sans faire référence à Reich).
Reich est un pionnier des théories appliquant la psychanalyse à la politique
Bien que Freud ait déjà produit quelques réflexions d'ordre social, c'est
Reich qui développe véritablement ce champ de la recherche. On lui doit
notamment la première analyse, toujours pertinente, du phénomène nazi ("La
psychologie de masse du fascisme", 1933).
Le lien entre psychanalyse et politique est également fécond pour la réflexion
des militants politiques (fonctionnement interne des organisations : lire à ce
sujet "Les hommes et l'État", 1953).
Reich est à l'origine de mai 68, de la libération sexuelle et de la libération de la femme
C'est dix ans après sa mort (en 1957) que Wilhelm Reich connaît son heure de
gloire : son oeuvre contribue (avec d'autres comme Marcuse, les Situationnistes,
la "Beat generation"...) au "soulèvement de la jeunesse" qu'il prévoyait déjà à
la fin de son livre publié en 1932 : "L'irruption de la morale sexuelle".
Reich est abondement cité par les étudiants des mouvements de
1968 en France, en Allemagne,
aux États-unis...
Enfin il inspire (avec Marcuse, Simone de Beauvoir et d'autres) les fondatrices du MLF
(Mouvement de la Libération de la Femme) comme en témoigne par exemple l'article
"L'éducation
sexuelle des filles au XXe siècle" sur le site de la revue Clio.
Reich est à l'origine des attentions croissantes portées aux jeunes enfants depuis les années 70
Reich est le premier a attirer l'attention sur l'importance cruciale des conditions
de la naissance, des soins apportés aux bébés et de l'éducation des jeunes enfants.
En 1949 il crée un centre de recherche sur la petite enfance (The Orgonomic
Infant Research Center) et lègue ses biens à une fondation consacrée à la protection
de l'enfance (The Wilhelm Reich Infant Trust).
C'est dans les années 70 (où règnent dans les maternités les méthodes de "naissance
industrielle") que des auteurs comme Frederick Leboyer ou Michel Odent
vont reprendre le flambeau et contribuer à une prise de conscience (très) progressive
et l'évolution (très lente) vers des méthodes moins violentes.
Voir à ce sujet l'article "nouveaux-nés"
de Roger Dadoun dans Cent fleurs pour Wilhelm Reich.
La névrose est un ensemble de troubles mentaux qui résulte de traumatismes vécus dans l'enfance ou de répressions (des émotions, des sentiments, de l'expression, de la sexualité) qui sont refoulés et intériorisés.
Les symptômes sont autant psychiques que physiques (phobies diverses,
bégaiement, hystérie, timidité, instabilité, dépression, angoisses, fatigue chronique, rhume
chronique, mal au ventre, rigidité musculaire...)
La névrose s'accompagne généralement de difficultés de communication et de
comportements irrationnels entraînant des conflits notamment au sein des
familles et dans le cadre professionnel, et plus généralement dans le
fonctionnement de la société et peut de ce fait être qualifiée de fléau
social.
Dans notre société, il n'y a guère d'individu qui ne soit au moins affecté de névrose à un degré divers. Celle-ci touche toutes les classes sociales. (L'organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié des chiffres indiquant que 25% des individus seraient, eux, psychotiques...)
Névrosé ou psychotique ? Deux boutades de psy en guise de réponse :
"Le névrosé construit des châteaux en Espagne, le psychotique les habite et le pervers encaisse le loyer."
"Le névrosé pense que 2 et 2 font 4 et s'en trouve malheureux, le psychotique pense que 2 et 2 font 5 et s'en trouve très bien"
La peste émotionnelle est un concept de
psychanalyse, introduit par Wilhelm Reich. Il s'agit d'une pathologie.
Tandis que chez le névrosé la pulsion vitale inhibée se traduit en une
aspiration nostalgique vers la liberté, chez le pestiféré elle déclenche la
haine pour toute manifestation réelle de liberté. Ceci n'est bien sur
pas du tout incompatible avec l'affirmation de l'attachement à des
valeurs telles que "la Liberté", "le Respect"
(surtout s'il s'agit du respect de l'autorité), "la
Démocratie"... tant que ce ne sont que mots.
Dans le domaine
sexuel elle se manifeste par, d’une part, un attachement à une morale
anti-sexuelle répressive (il a y ici alliance
entre la peste émotionnelle et la tradition) et d’autre part une
pornographie sournoise, écho déformé des désirs de
libération sexuelle. Le pestiféré
développe une haine insatiable à l’encontre des expressions
authentiques de la puissance orgastique. Sa bête
noire est la sexualité naturelle des enfants et des adolescents.
Le pestiféré se répand dans le champ social, il projette sur
les autres ses propres perversions sexuelles (la calomnie sexuelle est
l'une de ses formes d'agression favorite) et sa propre agressivité.
Il hait la
rationalité, la
recherche de la véracité et de l’objectivité.
Lorsque la peste émotionnelle prend
une dimension politique, cela s'appelle le fascisme
.
En savoir plus :
Matérialisation
de l'idéologie et peste émotionnelle
.
Le chapitre "Peste
émotionnelle" du livre de Roger Dadoun, Cents fleurs pour
Wilhelm Reich.
Manifestations ordinaires de la peste émotionnelle : quelques
faits divers.
Petit test de dépistage de la peste émotionnelle.
|
Ce terme recouvre toute forme de dévalorisation de la sexualité, qu'elle soit
brutale (par exemple la menace adressée au petit enfant surpris en train
de se masturber : « si tu recommence je vais te la couper !», ou l'injonction
adressée à la petite fille : « fermes tes jambes !») ou plus subtile,
se voilant derrière les termes de "modestie" ou de "pudeur". Elle peut s'exercer par le simple fait d'entretenir le mystère autour de l'activité sexuelle (sujet tabou ou réservé aux adultes, histoires d'enfant naissant dans des choux ou apporté par des cigognes, langage allusif...) ainsi que par la négation de la sexualité infantile. Cette répression peut aussi prendre la forme d'une dévalorisation plus générale du corps, considéré comme "sale", "impur", "grossier", "honteux", par opposition avec un esprit, une "âme" jugés plus élevés. La sexualité se voit alors rabaissée à "la satisfaction d'instincts ou de besoins matériels grossiers". |
![]() |
C'est l'une des causes essentielle des névroses et de la peste émotionnelle, en particulier lorsqu'elle frappe les jeunes enfants.
"La sexualité est pleine de mensonges. Le corps essaye d'exprimer la vérité, mais il est généralement trop assommé de règles pour pouvoir être entendu. Nous nous mutilons avec des mensonges. La plupart des gens n'ont pas idée de ce qu'ils perdent, notre société place une valeur suprême dans le contrôle, dans le fait de cacher ce que l'on ressent. Elle se moque de la culture primitive et tire vanité de la répression des instincts et des pulsions naturels." Jim Morrison.
"Le dressage anti-plaisir commence à l'enfance, oeuvre des parents et des enseignants, Il s'appuie sur le système récompense-punition. [...] Au cours de notre enfance nos diverses pulsions cherchaient à se réaliser, nos émotions multiples à s'exprimer. Chaque fois qu'elles déplaisaient aux adultes, elles étaient réprimées. Par peur l'enfant a retenu ses désirs, rentré ses envies, étouffé ses joies, contenu ses colères, caché ses tristesses et ses peurs. Il a renoncé à agir ouvertement, à s'extérioriser, à demander. Dans son corps, s'accumulèrent des milliers d'impulsions bloquées, des milliers de gestes retenus. [...] Les frustrations, les inhibitions et les culpabilisations de l'enfance structurent et endolorissent notre corps pour le reste de nos jours." Docteur Leleu.
Exemples de manifestation de l'inconscient dénotant une répression de la sexualité :
La répression passe aussi par les contes de fées
racontés aux enfants.
Les contes pour faire peur : la peur est un des plus efficace instrument de
domination, elle entraîne la soumission. (très utilisée au niveau social par
les gouvernements autoritaires).
Exemples d'interprétation de contes :
la Belle au bois dormant : pour enseigner aux filles à attendre le "Prince charmant" (l'unique homme de leur vie), en dormant (comprendre : sans avoir de relations sexuelles). Préparation au mariage monogame et à la virginité avant mariage.
les Trois petits cochons : valorisation de la vie bourgeoise (une maison solide, le travail, la planification) par rapport aux activités ludiques et artistiques et à la spontanéité, la joie de vivre. Ce conditionnement passe par la peur (le danger représenté par le loup).
le Petit chaperon rouge : enseigner aux petites filles à se méfier des pédophiles (le loup), mais aussi association de la sexualité avec le danger de mort. D'un autre point de vue on peut voir cette histoire comme une façon de faire passer de l'excitation sexuelle dans un contexte de répression sexuelle.
Voir aussi les concepts du patriarcat et de la répression sexuelle à travers le vocabulaire.
De nombreux penseurs et notamment les philosophies extrême-orientales
admettent l'existence d'une énergie présente dans tout corps vivant et qui y
circule. (Les chinois l'appelent "Chi", les japonais "Ki",
les indiens "Prana".)
Cette énergie vitale peut, selon les bouddhistes, se trouver dans différents
états et circule entre différents centres d'énergie (appelés "shakras")
échelonnés entre le cerveau et le sexe. C'est également le long de cet axe
longitudinal que Wilhelm Reich fait circuler l'énergie sexuelle (nommée
"libido" par Freud), qui est dissipée, chez le sujet sain, par
l'orgasme.
Reich travaillera dans la seconde partie de sa carrière à essayer de mettre en
évidence et d'utiliser cette énergie universelle qu'il nommera "orgone".
Soumis à un champ magnétique, tout corps vivant émet un rayonnement qui peut être photographié. Ce phénomène découvert en 1939 est connu sous le nom de "effet Kirlian". Ce rayonnement change d'intensité selon l'état physique et psychique de la personne.
Selon certaines interprétations ce serait là une manifestation de l'"aura" : un rayonnement de l'énergie vitale hors du corps. Selon d'autres il ne s'agirait que d'un effet lié à la présence de vapeur d'eau (sudation). Cette explication paraît un peu courte au regard des multiples recherches de biophysique qui ont suivi la découverte de Kirlian.
On trouvera dans Cent fleurs pour Wilhelm Reich de Roger Dadoun (Payot, 1975), au chapitre 41 : "Kirlian", un aperçu des multiples recherches menées essentiellement dans les pays de l'Est (années 60/70) autour de l'énergie émise par les corps vivants. Les résultats de ces recherches tendaient à confirmer les découvertes et intuitions de W.Reich.
Cette énergie est notamment l'objet sur lequel agit l'acuponcture.
Cette énergie pourrait également être échangée entre différentes personnes ou
êtres vivants. A titre d'exemple, les potentialités de guérisseurs (ou "rebouteux") capables
d'aider à la cicatrisation de plaies par imposition des mains sont
largement documentées. Un exemple similaire en est la pratique du Reiki,
importée du Japon, et déjà remboursée par la sécurité sociale de quelques
pays occidentaux (Canada) !
Ces aspects énergétiques de la vie ont étés totalement ignorés par la science occidentale et les pratiques qui s'y rapportent, entrant souvent dans le cadre de rituels chamanistes ou animistes, ont été combattues par les missionnaires obscurantistes. Ceci explique le faible développement des connaissances dans ce domaine.
Il n'existe pas de preuve scientifique de l'existence de cette énergie vitale. Comme toute hypothèse scientifique son intérêt est de permettre d'expliquer par la modélisation un certain nombre de phénomènes, au même titre que, par exemple, la "nature ondulatoire de la lumière".
A l'heure actuelle dans notre société, une personne sur trois développera
au moins un cancer au cours de sa vie !
Cette maladie est une "biopathie" : un dérèglement du processus
vital.
Outre l'absorption de produits cancérigènes (en augmentation exponentielle
dans notre environnement), cette maladie, intimement liée à notre mode de vie,
peut aussi avoir une origine psychique.
Selon Reich, les blocages névrotiques (cuirasses caractérielles) s'opposant à la
libre circulation de l'énergie vitale, peuvent, du fait de l'accumulation
anormale de cette énergie, provoquer des cancers. Un cas célèbre est celui de
l'écrivain suisse Fritz Zorn, décédé d'un cancer de la gorge faute d'avoir pu
s'exprimer au sein de sa famille. Il a exposé son cas dans son oeuvre majeure :
Mars.
Notons que de la même façon la diminution de la libido peut avoir des causes psychiques comme des causes environnementales (produits chimiques toxiques y compris additifs alimentaires, par exemple des oestrogènes de synthèse peuvent se trouver dans les jus de tomate en conserve). A noter que les anti-dépresseurs peuvent avoir aussi pour effet secondaire de diminuer la libido.
C'est une approche qui considère son objet comme un tout. A l'opposé d'une
approche qui viserait à étudier chaque élément du système pris isolément.
En médecine, cela consiste à considérer l'individu malade dans son entier et
non de s'intéresser uniquement à tel ou tel organe porteur d'un
symptôme.
En reconnaissant l'interdépendance (voire l'unicité) entre corps et esprit,
l'approche holistique permet notamment de prendre en compte les facteurs
psychiques dans le développement et l'évolution des pathologies.
On parlera également d'approche "systémique", c'est à dire qui
étudie l'individu comme l'élément d'un système qu'il forme avec son
entourage, son environnement.
La psychanalyse a pour objet de traiter les névroses en recherchant, dans l'inconscient du patient, les causes de celle-ci. Notamment elle cherche à faire rappeler à la conscience des expériences traumatisantes ou répressives vécues dans l'enfance et depuis refoulées.
Du fait de l'interrelation entre le corps et le psychisme, les névroses peuvent également être traitées par des approches axées sur le corps et ses cuirasses (massage Reichien, analyse bio-énergétique, anti-gymnastique...)
Les approches dites "psychothérapies" ou thérapies comportementales (Gestalt, analyse transactionnelle...) ont plus pour vocation de permettre au sujet de corriger ses comportements et de mieux s'adapter à la vie sociale que de traiter en profondeurs les névroses.
A l'école, les adolescents bénéficient de cours d'anatomie génitale, orientés
sur la fonction de reproduction et d'une information sur les méthodes de contraceptions.
Ceci ne saurait en aucun cas être qualifié d'éducation sexuelle.
Et encore
cela n'est-il possible que dans certaines limites, voir l'Educastrons
Nationale, complice des pédophiles?
La sexualité constituant l'un des éléments majeurs de la vie humaine,
l'école ne peut se contenter de l'évoquer à la marge en quelques heures.
L'éducation sexuelle devrait être présente tout au long de la scolarité au
même titre que les autres disciplines essentielles (et à travers elles), et être adaptée à chaque
age de l'élève. N'oublions pas que la répression sexuelle s'exerce aussi par
le silence autour de la sexualité, ce qui revient à en nier l'existence,
notamment chez les jeunes enfants.
Une éducation à la sexualité (et d'une façon plus large à la sensualité et
aux plaisirs) peut être acquise en dehors de l'école. Toutefois, compte-tenu
des disparités des milieux socioculturels et familiaux d'où proviennent les
enfants, ici encore l'école doit pleinement jouer son rôle républicain
consistant à permettre à tous les enfants d'accéder aux mêmes connaissances
et capacités.
L'éducation sexuelle doit consister non seulement en un apport de connaissances
théoriques (anatomiques mais aussi sur le fonctionnement du corps et du
psychisme en rapport avec la sexualité (la "fonction de l'orgasme")
mais aussi en un éveil à la sensualité et une découverte des gestes de
l'amour.
Car cela n'est pas inné : en effet nombre d'hommes et de femmes se montrent
maladroits dans leurs relations sexuelles et affectives tout au long de leur
vie, sans parfois même pouvoir apprendre au contact de partenaires tout aussi
maladroit qu'eux.
C'est en fait une "éducation sexuée", développée à travers toutes les
disciplines qui serait nécessaire, comme l'indique Georges Mauco dans son
ouvrage Éducation et sexualité. Voir également
l'article de Roger
Dadoun dans Cent fleurs pour Wilhelm Reich.
Nous vous proposons un cours d'éducation sexuelle adaptable pour les enfants, adolescents et adultes.
Remarques : aujourd'hui aux U.S.A., dans le cours de santé pour les adolescents, les enseignants sont obligés de présenter l'abstinence comme la meilleure façon de se préserver des maladies sexuellement transmissibles. Et en France une association catholique intégriste vient d'être agréée par l'Éducation Nationale pour assurer des cours d'éducation sexuelle dans l'enseignement public (voir Mainmise sur l'enfance).
"Everything you were taugh at school is bunk"* Orson Welles
* Tout ce que tu as appris à l'école c'est de la foutaise.
L'éducation scolaire, telle qu'elle se pratique dans notre société, à pour effet de développer l'enfant de façon déséquilibrée car elle est essentiellement axé sur l’assimilation de savoirs au détriment du développement de la pensée critique, et, sous prétexte de socialisation, axé sur l’inhibition émotionnelle, sensorielle et corporelle. La matière noble par excellence étant les mathématiques, tandis que les activités devant permettre un éveil à la créativité et aux sens (musique, dessin, travaux manuels) et l'éducation physique sont les matières les moins valorisées. Sans compter que le premier apprentissage de l'école consiste à brider le corps en l'obligeant à rester assis pendant des heures. Par ailleurs le mode d'enseignement "à sens unique" où le
professeur délivre un savoir à l'enfant, qui n'a le droit de s'exprimer que
pour poser une question sur ce qui est exposé ou répondre à une question du
maître et n'intervient en rien dans le contenu du cours,
ne favorise évidemment pas l'autonomie et le développement de la personnalité,
ni l'intérêt de l'enfant pour le cours. Enfin, l'école est le lieu où s'exerce la répression sexuelle de l'enfant (si elle n'a pas déjà été effectuée dans la famille) au nom de la prétendue "période de latence". Interdit de la masturbation, de l'exhibition, des attouchements entre enfants... |
![]() Illustration de William Steig pour l'ouvrage de W.Reich "Écoute petit homme", éd. Payot. |
S'il existe d'autres méthodes d'enseignement (méthode Freinet, Montessori... voir une sélection de liens) donnant à l'enfant plus d'autonomie et de possibilités d'exprimer sa créativité, elles restent marginales et concernent très peu l'enseignement public. L'objectif premier de l'école publique est, en théorie, de former des citoyens en pleine possession de leurs moyens. Or nous assistons à des dérives inquiétantes que sont d'une part l'introduction de clivages racistes et religieux qui remettent en cause la laïcité et d'autre part une tentative d'appropriation de l'école par les marchands à travers l'introduction de la publicité et de la spécialisation précoce en vue de fournir de la main d'œuvre pour les entreprises.
Lire aussi le texte de Raoul Vaneigem, écrit en 1995 : "Avertissement
aux écoliers et aux lycéens" (téléchargement (format RTF, 101 Ko) sur
le site BiblioLibertaire.)
Voir également notre bibliographie
sur le sujet (dont Journal d'un éducastreur de Jules Celma et Le
petit livre rouge des écoliers et lycéens).
Voir les textes de quelques chansons
consacrées à l'école.
De fait, dans notre société le corps est largement présent : la publicité abuse de corps dénudés (ils le sont rarement totalement toutefois ou alors dans une présentation désexualisée), la pornographie est largement répandue et banalisée, les magazines féminins - lien vers le site Acrimed - (et maintenant masculins) regorgent de recettes de "santé-beauté-forme" transformant le corps en objet de soins obsessionnels.
On perçoit aisément les points commun de toutes ces formes de représentations
du corps. Tout d'abord le corps n'est généralement considéré que dans son
apparence. Le corps est toujours utilisé dans un but marchand (investir de
libido un bien de consommation, vendre des produits, des soins, des
interventions chirurgicales parfaitement superflus). C'est un corps réifié,
qu'il convient de rendre "parfait" y compris en le mutilant (chirurgie,
prothèses...). Loin d'être valorisé, le corps n'est pas considéré comme
acceptable tel qu'il est puisqu'il se doit d'être transformé (en toute bonne
logique consumériste).
Voir à titre d'illustration le cas de l'épilation
qui vise toutes les femmes de notre société, y compris les pré-adolescentes.
Voir également publicité et marchandisation du
corps.
Enfin la sexualité se trouve réduite par la pornographie à un acte mécanique "débarrassé" de tout désir.
Le corps, accepté tel qu'il est, dans une nudité non parée d'artifices et non esthétisée ou médicalisée, sexué et investi de désir, demeure un élément subversif.
"Trente années de bikinis n’ont pas effacé deux millénaires de culture judéo-chrétienne. Et cette débauche de chair n’est pas plus un signe de libération que l’accession au crédit. Elle est, au contraire, l’acte manqué par lequel nous essayons désespérément de reprendre contact avec ce corps que nous fuyons." Marie-Lise Labonté, psychothérapeute.
D'où vient cette idée (fausse) et quel rôle rempli-t-elle ?
Après l'abolition de l'esclavage des noirs aux États-Unis, les noirs ont progressivement acquis un statut de citoyen et se sont quelque peu
mêlés au reste de la population. Il s'est alors produit quelque chose d'inimaginable pour les racistes : des femmes blanches ont eu des
relations sentimentales et sexuelles avec des noirs !
Impossible de continuer à voir là le viol perpétré par le sauvage noir sur la pure jeune femme blanche. Comment expliquer un tel comportement de la
part de femmes blanches ? Ces femmes sont nécessairement impures et perverses. Impossible d'imaginer qu'elles puissent choisir un partenaire
noir pour ses qualités "humaines" : sensibilité, intelligence... car le raciste sait bien que le noir est un animal. Donc voici la seule
explication possible : ces femmes, des "putains" nymphomanes, préfèrent sortir avec des noirs car ceux-ci ont de plus grosses bites que les blancs
(avantage lié à leur animalité).
| Nous avons toutes les raisons de penser que ce mythe à été créé et colporté par le Ku Klux Klan. | ![]() |
Son succès à été foudroyant, sa propagation s'étant étendue à tous les pays occidentaux et au-delà. Il hante encore de nos jours les cours de récréation de nos écoles. Nous pensons que ce succès est du à la nature devenue inconsciente de son caractère raciste, sous couvert d'attribuer aux noirs un avantage (ce qui est politiquement correct).
On n'a jamais autant parlé de sexe... Au fur et à mesure que se développait la sexologie et le discours pseudo-scientifique sur la sexualité, celle-ci est devenue l'objet d'un contrôle de plus en plus étroit (normes sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, création de catégories de "déviances" et "perversions"...)
«La libération sexuelle n'est qu'apparente dans la société actuelle. (...) Le sexe, suscité et réprimé, orienté et exploité sous les formes innombrables de l'industrie matérielle et culturelle, est absorbé, institutionnalisé, administré par la société - pour mieux le manipuler»
Theodor W. Adorno, «Tabous sexuels et droit, aujourd'hui», in Modèles critiques. Interventions-répliques, Payot, 1984, p. 79.
Les combats des années 70* ont certes apportés des avancées substantielles
("libération sexuelle", avancées pour la reconnaissance des droits à l'égalité
des femmes et des minorités sexuelles, contraception, avortement...) néanmoins
le chemin est encore long.
En sont les preuves la survivance (c'est à dire la persistance du besoin) de
la prostitution et de la pornographie (lire la pornographie,
une hypocrisie organisée), révélatrice d'une frustration sexuelle encore
très répandue ainsi que d'une dérive consumériste de la sexualité. On notera
également la persistance du machisme, de la vulgarité "beauf" et de l'homophobie
qui témoignent d'un obscurantisme patriarcal toujours bien ancré. Sans parler
des violences sexuelles.
Sans aller jusque là on pourra remarquer que dans les collèges
et lycées, le port de la jupe
est devenu quasi-impensable pour les filles (fille en jupe = "pute").
Dans les années 60 et 70 les femmes ont du se battre pour faire admettre
le port du pantalon, aujourd'hui c'est pour pouvoir porter la jupe ! Comme quoi
les signes peuvent s'inverser mais la répression de la liberté
sexuelle de la femme est redevenue tout aussi brutale qu'avant.
*Notons au passage que l'oeuvre de Reich à joué un rôle important dans le déclenchement de la révolte étudiante de mai 68.
Est également révélateur l'amalgame qui est fait entre pédophilie et viol et le climat de quasi hystérie qui règne aujourd'hui autour de cette question (exemples récents : l'interdiction du film "Le Tambour" dans certain états des États-Unis ou la rétractation d'un célèbre leader du mouvement de Mai 1968 qui avait évoqué des sollicitations sexuelles faites par des enfants envers sa personne adulte, voir aussi A qui profite cette hystérie et l'Educastrons Nationale , complice des pédophiles ?). Force est de constater qu'il subsiste dans notre société un véritable tabou autour de la sexualité des enfants.
Comment imaginer un instant que les adultes soient libérés alors
que la sexualité des enfants est réprimée ? La sexualité,
ça se développe !
Enfin les quelques avancées auxquelles il a été fait allusion sont loin d'être
conquises dans bien des pays au monde où se perpétuent encore parfois les "crimes
d'honneur".
Et même on assiste à une régression aux Etats-Unis où
la contre-révolution sexuelle est en marche : depuis
Reagan (qui y a institué le néo-libéralisme dans les années
1980), l'"Adolescent Family Life Act" permet au gouvernement de subventionner
largement les écoles, universités et associations qui promeuvent
l'abstinence sexuelle chez les jeunes. Ces mouvements ont un succès grandissant*.
Quand on sait les ravages psychiques de l'abstinence, on comprend aussi comment
les fondamentalites puritains sont devenus actuellement si puissants aux U.S.A.
*Source : article
du dossier sexualité de doctissimo.fr
Ci-dessous comparons, du point de vue qui nous intéresse, la peinture de Michel-Ange pour le plafond de la chapelle Sixtine (1512) et cette l'affiche française d'un film hollywoodien sorti en 2003. Édifiant, n'est-ce pas ?
AVANT APRÈS
C'est un argument récurrent, non seulement des réactionnaires puritains mais aussi des militants "progressistes" frileux en matière de liberté sexuelle, que de mettre sur le compte de la libération sexuelle les crimes et abus en matière sexuelle (viols, inceste, abus sur les enfants...).
Insistons encore une fois sur le fait que les perversions sexuelles sont le
produit de la répression sexuelle qui en s'exerçant sur l'individu perturbe
gravement ses pulsions et son comportement sexuel et affectif.
Les individus les plus perturbés passent à l'acte quelque soit la pression
sociale et répressive.
Il est certain que si les freins sociaux sont brutalement desserrés, un certain
nombre d'autres individus peuvent alors passer à l'acte (c'est le cas dans les
situations de guerre).
La révolution sexuelle (qui devra nécessairement s'étaler sur plusieurs générations) a pour but de restaurer une sexualité saine au sein de la population (et ainsi faire disparaître l'essentiel des violences et perversions sexuelles) : ceci ne peut se faire qu'en éliminant la répression de la sexualité, à commencer par celle qui s'exerce sur les plus vulnérables, c'est à dire les plus jeunes.
Le cercle vicieux et pervers des puritains :
les puritains répriment la sexualité. Cette répression crée perversions et
frustrations dans la population. Les violences sexuelles, la prostitution et la
pornographie en sont les résultantes. Les puritains crient "halte au
porno" et demandent plus de répression sexuelle en attribuant à la
"permissivité" tous les maux dont ils sont en fait responsables
(quand ils n'en sont pas eux-mêmes les auteurs...).
|
Nous vous proposons cinq critères très simples, pour évaluer la position d'un état sur cette échelle :
En quoi voir la nudité pourrait-elle traumatiser un enfant ? La nudité n'est pas en soit sexuelle (de nombreux peuples vivent nus), elle est construite comme sexuelle par ceux qui la cachent (les pudibonds). Voir des gens qui s'aiment charnellement n'est pas non plus problématique (tant qu'il ne s'agit pas d'un acte violent ou pervers). Au contraire cela pourrait aider les enfants à se construire une représentation saine de la sexualité qui leur permettra de mettre à distance les images pornographiques (sexualité morbide) auxquelles ils seront inévitablement confrontés. Lire aussi nudité, naturisme et nudisme (texte en construction). En fait cette histoire d'enfants qui verraient "ça" n'est qu'un prétexte. Ce sont les adultes - en fait toute une société - qui crèvent de trouille à l'idée d'une sexualité saine et épanouie. Rien ne fait plus peur aux gens réprimés et soumis que la liberté. |
![]() Illustration de William Steig pour l'ouvrage de W.Reich "Écoute petit homme", éd. Payot. |
Sur certaines questions, comme la critique de la pornographie,
du téléthon ou de la consommation,
nous pouvons nous trouver dans la fâcheuse compagnie de puritains ou d'autres
réactionnaires.
Nos critiques, si elles peuvent porter sur les mêmes objets, sont motivées
par des conceptions radicalement opposées.
La critique réactionnaire est une critique interne au système.
Les réactionnaires attaquent ce qui, dans l'idéologie dominante
se donne comme espace de liberté. Cette critique sert la reproduction
du système car elle légitime le fait de considérer ces
objets comme relevant effectivement de la liberté. (Exemple : "si
les intégristes crient "Halte au porno !" c'est bien la preuve
que la pornographie participe de la liberté sexuelle".)
Tout au contraire, notre critique se porte sur ces objets car ce sont des leurres
donnant l'illusion de la liberté.
Notre critique ne se rattache pas à la doctrine d'un quelconque parti
politique ou autre organisation militante ou religieuse. Elle se fonde sur l'examen
scientifique du fonctionnement idéologique dominant (au niveau collectif
aussi bien que individuel), et met en lumière son caractère répressif,
sous des dehors "libéraux". En cela elle est une critique radicale
du système.
Le capitalisme est un mode de production (et donc d'organisation de la
société) dans lequel les moyens de productions sont aux mains d'une minorité
(les "capitalistes") tandis que la majorité des actifs (les
"prolétaires") sont employés et rémunérés par cette minorité.
Les capitalistes tirent un profit de l'activité des prolétaires en les
sous-rémunérant.
Ce mécanisme permet une accumulation de richesses par les possédants au
détriments des travailleurs. Toutefois les travailleurs sont invités à
consommer toujours plus de biens et de services afin que l'activité de
production puisse continuer à se développer (la "croissance"). Cette
consommation peut se maintenir grâce au crédit, judicieux mécanisme qui
permet de capter les revenus futurs du consommateur endetté.
Le capitalisme, système fondé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, ne peut se maintenir que par le consentement de ceux-là même qui en sont les victimes. C'est ce que l'on nomme, après Etienne de La Boétie, la "servitude volontaire". Obtenir ce consentement, passivité ou résignation, est la tâche dévolue aux différentes formes d'"opium du peuple". Cette tâche est d'autant plus aisée que les individus sont moins aptes à l'autonomie. Or justement l'un des effets essentiels de la répression sexuelle est de produire des individus peu aptes à la liberté, ayant besoin d'être pris en charge, aisément influençables.
Le fascisme est une idéologie démagogique, comportant des éléments mystiques
(exemple : le racisme) qui provoque l'adhésion des masses sexuellement réprimée.
Elle capte les élans de la libido détournée de son objet (la sexualité) par
les blocages intériorisés par l'individu. Ses aspects violents et irrationnels
correspondent aux pulsions emprisonnées dans la cuirasse caractérielle de l'individu
réprimé. De plus celui-ci à tendance à s'en remettre à un chef (un "führer")
incarnation de l'autorité paternelle, qu'il suivra aveuglement. Le fascisme
est l'expression politique de la peste émotionnelle
.
Tous les individus sexuellement réprimés ne sont heureusement pas portés vers le fascisme. Tout comme les symptômes, les tendances développées par les individus névrosés sont très variées.
Toutefois, la répression sexuelle étant la principale source d'énergie qui alimente les pulsions fascisantes, et cette répression étant la condition du maintient de la servitude volontaire nécessaire au capitalisme, il est illusoire de croire que l'on peut éradiquer le fascisme au sein de la société capitaliste. Le fascisme est en fait un sous-produit du capitalisme.
"Après ce que j'ai vu en Espagne j'en suis venu à la conclusion qu'il est vain de vouloir être antifasciste tout en essayant de préserver le capitalisme. Le fascisme, après-tout, n'est qu'un développement du capitalisme, et la démocratie la plus libérale - comme on dit - est prête à tourner au fascisme à la première difficulté."
George Orwell, in Hommage à la Catalogne."Le vieux fascisme, si actuel et si puissant qu'il soit dans beaucoup de pays, n'est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d'autres fascismes. Tout un néofascisme s'installe par rapport auquel l'ancien fascisme fait figure de folklore. Au lieu d'être une politique et une économie de guerre, le néofascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d'une "paix" non moins terrible."
Gilles Deleuze dans Deux régimes de fous, Ed. de minuit, Paris, 2003.
De fait les partis "progressistes" (ou "de gauche") ont trop souvent échoué au cours du XXème siècle face aux réactionnaires et aux fascistes, principalement en raison de leur timidité (voir de leur puritanisme pour certains partis) en matière de politique sexuelle. Voir une analyse d'après Reich, proposée par le MP1PM.
"La religion est la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité." Sigmund Freud.
| Le mysticisme est l'une des voies que peut prendre la libido détournée de
la sexualité. Ce n'est pas un hasard si les mystiques s'imposent précisément
l'abstinence sexuelle. Ce n'est pas un hasard si l'on parle d'"extase
mystique" (cf. illustration ci-contre). Il a d'ailleurs même été
observé que des émissions de sperme accompagnent parfois les "crises
mystiques". Les religions ont le plus souvent pour origine les "révélations" de quelques mystiques. Toutefois une fois institutionnalisées elles interdisent à leurs fidèles d'accéder à la "connaissance" afin de préserver leur intégrité et leur monopole. Ainsi on notera avec intérêt que, dans le cas de la religion chrétienne, l'Inquisition interdit à la fois l'usage des substances psychotropes (utilisées notamment par les chamanes pour accéder à d'autres niveaux de réalités ainsi que pour l'exploration de "l'inconscient") et l'interprétation des rêves (en effet Dieu ne s'adressant qu'à l'Église, les rêves ne pouvaient provenir que de Satan.) |
![]() L'extase de Sainte-Thérèse, sculpture du Bernin |
![]() La tentation de Saint-Antoine, de Félicien Rops Voici ce que Sigmund Freud écrit à propos de l'œuvre
ci-dessus : |
Par ailleurs la répression sexuelle a toujours été le fond de commerce des religions monothéistes.
Les églises se sont érigées en gardiens des mœurs et de la morale
anti-sexuelle. L'un des outils de cette action étant, chez les catholiques, la
confession, destinée non pas tant à recueillir des secrets qu'à culpabiliser
les croyants : « mon enfant, ne t'es-tu pas livré à des "attouchements
impurs" ? » Par cette culpabilisation constante des
"pécheurs" les églises se sont dotées d'un remarquable outil de
contrôle et de répression des individus ainsi maintenus dans la
servitude volontaire.
Ce n'est donc pas un hasard si la sexualité est l'obsession majeure des
intégristes religieux, qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. Rien ne
leur est plus insupportable que tout ce qui étend la sexualité au delà de la
simple fonction de reproduction (contraception, masturbation, bi ou
homosexualité...) Les lieux de la transmission font l'objet de leur "soins"
particulier : la famille, l'école, la culture. Ainsi les lobbies
religieux tentent de s'approprier les outils de l'éducation (voir mainmise
sur l'enfance) et les commandos intégristes - outre leurs actions
contre les lieux où se pratique l'avortement - pratiquent l'autodafé :
par exemple le 9 août 2007, dans l'Aude, ils ont détruits des milliers de livres
exposés au Banquet du livre, festival ayant cette année là pour thème
"la nuit sexuelle". Voir l'info
sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme. |
| La religion judéo-chrétienne a inventé le personnage du
Diable, incarnation du mal. Or il s'agit en fait d'une transformation du
Dieu grec Dionysos (Bacchus pour les romains), Dieu notamment de la fête,
du vin, de l'Extase : on l'honorait par des orgies (ou Bacchanales). Dionysos est représenté accompagné de personnages libidineux : Silènes, Satyres et Ménades (ou Bacchantes). L'iconographie moyenâgeuse du Diable le représente sous la forme du Dieu Pan ou d'un Satyre (petites cornes et membres inférieurs d'un bouc). Les Bacchanales survécurent clandestinement au cours des siècles sous la forme des Sabbats de "sorcières", traquées par l'Inquisition.
Le personnage du Diable a toujours été associé aux pulsions de la libido. Lorsque l'église catholique perd de sa puissance à la fin du XIXème siècle, les satiristes s'en donneront à coeur joie sur ce thème (cf. Rops si dessus, Devéria ci-contre). |
![]() Dionysos et Ariane, entourés de satyres et ménades ![]() Diabolico-foutro-manie, série de lithographies de Achille Devéria |
Voir également une citation de Freud sur la phobie du toucher : Noli me tangere.
L'écologie libidinale se veut avant tout un cadre de réflexion sur un changement en profondeur (radical) de la société. Un changement qui aille dans le sens de la libération et de l'épanouissement de tous les individus dans un environnement préservé, ainsi que vers la limitation des comportements irrationnels générateurs de haine et de violence.
Aujourd'hui, outre le mouvement libertaire, seul le mouvement alter-mondialiste (dans sa grande diversité, parfois porteuse d'intérêts et de visions contradictoires) nous paraît porteur d'un tel projet de renouvellement de la société. C'est donc notamment en son sein que notre association se doit d'apporter ses conceptions, d'autant que peu d'efforts sont faits par ailleurs pour analyser les causes profondes de l'organisation sociale contemporaine.
![]() Samson et Dalila, de Peter Paul Rubens |
Nombreuses sont les associations qui luttent jour après
jour sur le terrain pour défendre les droits et la dignité des laissés
pour compte de notre société ; les associations qui luttent pour
l'égalité entre les peuples ou la paix dans le monde ; plus rares les syndicats qui
défendent vraiment les droits des travailleurs et les acquis sociaux. De fait l'essentiel des forces mobilisées s'échinent à essayer d'enrayer la marche du rouleau compresseur néo-libéral et à en limiter les effets désastreux. Ce combat inégal n'a de sens que s'il est compris comme une action retardatrice destinée à préparer une contre-attaque décisive. Poursuivant cet objectif, tel Dalila coupant les cheveux de l'invincible Samson (illustration ci-contre), l'écologie libidinale se propose de tarir la source de l'énergie qui alimente ce système suicidaire : la répression sexuelle. |
Voir également le communiqué publié à l'occasion du Forum Social Européen 2003.
"Le privé est politique" slogan féministe
Dans une société patriarcale, la répression de la sexualité s'exerce plus durement
sur les filles et les femmes que sur les hommes. Plus la société est patriarcale
plus les femmes se verront cantonnées dans les rôles de "putes" ou
mères et "soumises". En effet le désir impérieux
de la femme en période d'ovulation (que ne ressentent plus celles qui
prennent la pilule) fait peur aux hommes. L'instinct de reproduction - sélectionné
par l'évolution - pousse la femme vers l'exogamie : le mélange
des gènes. Elle choisira de préférence les batards, les
étrangers (ceci a déjà été scientifiquement
démontré chez les rats et les criquets). Cette exogamie est incompatible
avec les cloisonnements de la proprièté privée, de la "petite
famille", des "races", des nations. Le matriarcat est incompatible
avec l'individualisme, il suppose au contraire le sens du collectif.
Indomptée, la sexualité de la femme est le vrai pouvoir qui doit
commander, c'est pourquoi les hommes des sociétés fondées
sur la propriété privée ont constamment cherché
à domestiquer cette sexualité. Ils ont aussi instauré le
mariage avec la fidélité conjugale (au moins pour la femme) pour
s'assurer de la paternité des enfants qu'elle met au monde.
De plus le corps de la femme est devenu le terrain de conquête privilégié des
marchands. Ceux-ci imposent, par la publicité et par leurs valets scribouillards
de magazines, l'idée que pour être attractive et féminine il faut nécessairement
être maquillée, épilée, habillée à la mode, re-formée par les régimes et la
chirurgie : ainsi se crée la femme-objet.
Ce corps lui-même est utilisé par la publicité pour faire vendre toutes sortes
de biens et services.
Les luttes féministes ont conquis des avancées sur le plan légal (vote,
contraception, avortement, répression du viol...) mais aujourd'hui elles
marquent le pas (démobilisation) et ceci n'est sans doute pas étranger au fait
qu'il y a un recul du fait de disposer de son corps : celui-ci est de plus en
plus abandonné aux marchands. L'esprit des femmes (et des hommes) a été
colonisé, occupé, ce qui ne les rends plus disponible pour le militantisme.
C'est pourquoi nous avons décidé de contre-attaquer sur ce plan là en lançant
l'"été sans épilation".
Voir aussi notre analyse : les errances du
féminisme.
Voir aussi dans ces FAQ : Le corps n'est-il pas hyper valorisé
par notre société ?
L'écologie est l'étude des systèmes naturels appréhendés dans leur fonctionnement
global et dans leurs interactions les uns avec les autres. On peut considérer
cette discipline comme étant holistique.
L'étude des interactions énergétiques entre organismes vivants (ou milieux non
vivants) fait partie de l'écologie. De plus notre approche mets l'accent sur
l'interdépendance entre l'être humain et son environnement naturel et tend à
rétablir la continuité entre les deux.
La société occidentale (dont le modèle se répand
sur toute la planète), fonctionnant sur le mode pathologique de la peste
émotionnelle a un rapport prédateur et destructeur sur son milieu.
Elle met ainsi en danger la survie du vivant sur notre planète. Seul
un changement radical de société, guidé par les principes
de l'économie sexuelle, c'est-à-dire reposant sur la force vitale
de la puissance orgastique (concepts de la psychanalyse politique reichienne),
peut inverser la tendance en réinsérant l'homme dans la nature,
seul positionnement qui soit favorable à la vie.
Voir notre analyse sur la situation environnementale
dans notre société et son rapport à la nature, du point de vue psychique. Lire
aussi notre texte sur les liens entre décroissance
et écologie libidinale.
La pratique chamaniste est centrée sur les émotions provenant des sensations corporelles. Elle est une captation des énergies qui circulent dans l'univers, entre les êtres vivants.
"L'émotion est la supra-intelligence, situé non au-dessus du cerveau mais au dessus du corps". Luis Ansa.
Les sociétés indigènes (ou autochtones) ont, pour celles qui n'ont pas été influencées par les missionnaires (monothéistes ou staliniens !), une spiritualité animiste basée sur le chamanisme. Ces sociétés ont un rapport étroit avec leur environnement naturel qu'elles utilisent d'une façon non destructive. La connaissance et les pratiques de ces peuples devraient être une source d'inspiration pour nos réflexions écologistes et notre recherche d'"autres mondes possibles", alternatives aux perspectives de la "pensée unique" néo-libérale.
La dégradation progressive de leur conditions en fonction de leur proximité avec la "civilisation" est très nette. Cela commence avec le port de la culotte... (le premier accessoire dont les dotent les missionnaires !) et se termine le plus souvent dans une grande déchéance (alcoolisme, violences familiales, prostitution...). L'évolution saisissante qui frappe ces sociétés au contact de notre modèle de civilisation devrait nous aider à prendre conscience de notre propre degré d'aliénation.
Voici le commentaire de Tawapuh (indien du Xingu, région relativement préservée de l'Amazonie) au retour de sa visite d'une métropole Brésilienne, adressé à l'anthropologue Villas Boas : "Comment peux-tu retourner vers ce monde après avoir vu comment nous vivons ? [...] Comment pourrais-tu avoir envie de faire l'amour avec ces femmes qui semblent avoir peur d'être femme, se cachent et couvrent leurs yeux ?"
La notion d'énergie vitale
,
circulant dans le corps et passant dans différents états est familière de nombreuses
approches orientales, notamment la philosophie bouddhiste et le tantrisme. (Les
chinois l'appelent "Chi", les japonais "Ki", les indiens
"Prana".)
Elle est également à la base de la pratique thérapeutique de l'acuponcture comme
de celle du Reiki.
Voir un article sur le Tantra et un article sur le Tao, en relations avec la pensée anarchiste, sur le site de l'En dehors.
Voir un article érudit sur l'art érotique hindou, sur le site de Clio.
Haut relief du temple de Lakshmana, à
Khajuraho, Inde
